Canne à sucre

Canne à sucre : 30.000 emplois suspendus à une décision politique

Dans 7 jours, François Hollande à La Réunion

Témoignages.re / 14 août 2014

Les négociations pour une nouvelle convention canne entre planteurs et usiniers n’ont pas abouti hier. A une semaine de la visite du chef de l’Etat, toute la filière est suspendue à une décision politique. Le 21 août à Bois-Rouge, François Hollande annoncera-t-il la survie de la canne à sucre à La Réunion ?

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Planteurs, ouvriers, vendeurs de matériel agricole, mécaniciens… de nombreuses professions sont liées à la canne à sucre.

Le président de la République devait venir à La Réunion les 25 et 26 juillet derniers. Le 24, les planteurs de la CGPER ont lancé un mouvement de grève pour faire part de leurs inquiétudes face à l’avenir. Le mouvement a débouché sur une réunion hier de l’Interprofession. Planteurs et usiniers étaient donc aujourd’hui autour de la table. Les discussions n’ont pas abouti. Il pèse en effet une incertitude de taille : à quel prix sera vendu le sucre de La Réunion après 2017.
Jusqu’à 2017, le sucre réunionnais a droit à un prix garanti par l’Europe, dans la limite de 300.000 tonnes produites. La production annuelle à La Réunion avoisine 200.000 tonnes, la totalité du sucre a donc une garantie d’écoulement. Si une partie n’est pas vendue, alors l’Europe est obligée de l’acheter à un prix défini à l’avance.

Paris prêt à donner 128 millions ?

Accusée de concurrence déloyale, l’Europe a dû changer ses règles. A partir de 2017, les quotas et le prix garanti n’existeront plus. Pour se vendre, le sucre réunionnais devra affronter la concurrence mondiale. Dans les conditions actuelles, si le niveau des subventions restait le même, la tonne de sucre réunionnais sera 200 euros plus cher que la tonne de sucre de betterave. C’est ce qu’a déclaré le président de Tereos Océan Indien à la délégation Outre-mer de l’Assemblée nationale. Pour compenser cette différence, l’Etat est sollicité. Le rapport parlementaire sur l’avenir de la canne demande une revalorisation de 38 millions de l’aide de l’Etat après 2017. Au total, la subvention de l’Etat devrait s’élever à 128 millions par an. Cela suppose deux conditions. La première est que le gouvernement soit d’accord pour augmenter cette aide. La seconde est que la France puisse avoir l’autorisation de l’Europe pour verser cette subvention.
Si ces conditions ne sont pas réunies, ce sera la fin de la canne à sucre à La Réunion.

Echéance 2017 : où sont les garanties ?

C’est avec cette inconnue de taille qu’ont eu lieu hier des discussions entre planteurs et usiniers au sujet de la prochaine Convention canne. L’accord actuel fixe le prix de la canne jusqu’à la fin de cette campagne. Pour l’année prochaine, un nouveau texte devra s’appliquer. Traditionnellement, la Convention canne est signée pour 6 ans. Mais l’échéance 2017 tombe en plein milieu de cette période. A ce jour, aucune garantie de l’Etat n’a été donnée officiellement.
Dans 7 jours, François Hollande sera à La Réunion. Le ministre de l’Agriculture l’accompagnera. Le président de la République visitera l’usine de Bois-Rouge, puis il prononcera un discours.
Dans l’état actuel de la filière, tout dépend donc d’une décision politique. Elle engage le maintien de 30.000 emplois directs et indirects.

M.M.


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