Canne à sucre

Canne à sucre : des richesses bien mal réparties

Encore des mauvaises nouvelles pour les planteurs

Manuel Marchal / 27 novembre 2014

Deux faits annoncent une baisse des revenus des planteurs sur la bagasse, un produit de la canne. C’est la conséquence de richesses mal réparties.

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L’usine de Bois-Rouge fermée en 2018 ? Les événements de ces derniers jours ne sont pas rassurants.

Depuis les accords de 1969, la répartition des richesses de la canne se fait de manière très technique, complexe et pénalisante pour le planteur. Celui-ci est payé en fonction du tonnage livré et de sa teneur en sucre. Ces données entre en ligne de compte dans un calcul qui fixe le prix payé par l’usinier. A cela s’ajoute une recette bagasse versée par l’usinier variant en fonction de la totalité de la récolte. En dessous de 1,75 million de tonne, la rémunération est de 1,30 euro par tonne livrée. Au-dessus de ce seuil, la prime passe à 1,80 euro par tonne.
La Réunion est gravement touchée par la sécheresse depuis plusieurs années. Ce phénomène a des effets sur la canne, il diminue le tonnage récolté. Cette année, il est quasiment acquis que les 1,75 million de tonnes ne seront pas atteints. Les planteurs risquent donc de perdre 50 centimes par tonne livrée.

Double peine

À cela s’ajoute une baisse de la recette bagasse payée par les abonnés à EDF. Lors de sa visite à La Réunion en 2009, François Fillon alors Premier ministre, avait annoncé la création d’une nouvelle source de revenu pour les planteurs. La bagasse allait être considérée comme une biomasse et plus comme un déchet. Son prix sera donc plus élevé.
Pour cette nouvelle recette, l’usinier ne donne rien. Elle est financée par EDF, et donc par une hausse de toutes les factures des abonnés. Les planteurs reçoivent 11 euros par tonne.
Or, cette recette bagasse dépend notamment du cours du charbon sud-africain brûlé dans les centrales du Gol et de Bois-Rouge quand il n’y a pas de bagasse. Comme ce dernier baisse, la recette bagasse doit suivre la même tendance, indique « le Quotidien » d’hier. C’est une nouvelle pénalité pour les revenus des planteurs.

Aucune garantie du gouvernement

Ces deux annonces interviennent au moment où la filière est en pleine crise. Dans trois ans, c’est la fin du quota sucrier et donc du prix garanti pour le sucre réunionnais. La Convention canne finit cette année, le prix de la canne n’est pas fixé pour 2015.
Le débat d’hier sur les ondes de Radio Réunion n’a pas été rassurant. Il a confirmé que le gouvernement n’a donné aucune garantie sur le versement d’une subvention supplémentaire pour permettre au sucre réunionnais de pouvoir concurrencer le sucre de betterave à partir de 2017.
Alors que la filière a besoin d’être au contraire confortée, les conditions climatiques et économiques vont faire baisser les revenus des planteurs. C’est la conséquence d’une répartition des richesses issue des accords de 1969.


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