Canne à sucre

Canne à sucre : le Département solidaire des planteurs

Présentation de deux motions par deux groupes d’élus

Manuel Marchal / 22 juin 2017

Après le Parti communiste réunionnais, c’est au tour de plusieurs organisations politiques représentées au Département d’afficher leur solidarité avec les planteurs. Le groupe majoritaire ainsi que celui des 4 élus du Tampon ont présenté des motions allant dans ce sens hier lors de la séance plénière du Conseil départemental.

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Depuis le début de la crise liée à la négociation du nouveau prix de la canne à sucre payé par Tereos aux planteurs, le Parti communiste réunionnais a été le premier à affirmer sa solidarité avec les revendications des planteurs. Ce soutien est une constante dans ce parti politique créé quelques années après la grande victoire de Quartier-Français en 1955. Les communistes avaient en effet été à l’initiative du sauvetage de l’usine en participant à la création d’un rassemblement regroupant l’industriel René Payet, et les planteurs qui livraient à l’usine de Quartier-Français. Ce rassemblement avait eu sa traduction électorale lors des législatives de 1956. La liste conduite par Paul Vergès et Raymond Mondon obtenait la majorité des suffrages, et l’élection de deux députés de La Réunion sur trois. Cet événement était le point de départ d’une période de répression visant particulièrement les communistes, durant laquelle fut fondé le PCR en 1959.

Depuis sa naissance, le PCR a donc été toujours aux côtés des planteurs. Cette fidélité dans la lutte est appréciée par les planteurs qui se battent aujourd’hui pour leur survie, en revendiquant une hausse de 6 euros du prix de référence de la tonne de canne qu’ils vendent à Tereos.

Ce mercredi au Conseil départemental, l’assemblée plénière a débuté par l’examen de plusieurs motions. Deux concernaient la filière canne-sucre.

Demande de plus grande implication de l’État

Celle du groupe majoritaire présentée par Serge Hoarau, élu délégué à l’Agriculture, reprend notamment un argument du PCR. En effet, l’État a décidé d’attribuer la totalité de l’aide supplémentaire destinée à faire face à la fin du quota sucrier le 1er octobre. Les élus du groupe majoritaire « regrettent que l’État ait accordé l’aide de 28 millions d’euros aux seuls industriels en oubliant les planteurs ».

Par ailleurs, ils « réaffirment leur soutien aux acteurs de la filière canne réunionnaise et en particulier aux agriculteurs ». Enfin, ils « demandent à l’État d’inscrire l’agriculture réunionnaise dans le cadre du plan de relance agricole de 5 milliards annoncé par Monsieur le Président de la République dans son programme pour le quinquennat et d’apporter à ce titre une aide complémentaire pour les agriculteurs et plus particulièrement les planteurs de canne ».

Pour leur part, les élus du groupe Tampon Avenir « saluent l’engagement et l’unité des différents syndicats agricoles ». Ils apportent également leur soutien « à l’ensemble des professionnels du monde agricole et plus particulièrement aux planteurs de canne dans leur lutte pour obtenir la réévaluation de la rétribution de leur travail ».

Pour l’idée d’un Comité de survie

Enfin, ils convergent également avec une autre revendication du PCR en demandant « l’organisation de tables rondes avec les planteurs, les responsables industriels, les responsables politiques locaux et les services de l’État pour renouer le dialogue et trouver une sortie de crise ».

Rappelons que lors de sa dernière conférence de presse, Elie Hoarau, président du PCR, avait avancé l’idée d’un Comité de survie de la filière canne-sucre regroupant les agriculteurs, l’industriel, la Région Réunion et le Département.

M.M.


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