Canne à sucre

Canne à sucre : publier le décret qui revalorise le prix de la bagasse avant le 15 septembre

La CGPER interpelle le gouvernement

Manuel Marchal / 24 août 2009

Le 10 juillet à Bras-Panon, le Premier ministre a annoncé que le prix de la bagasse serait revalorisé à 13 euros par tonne de cannes livrée, avec au moins 10 euros par tonne de cannes livrée pour le planteur. Six semaines après cet engagement, le décret d’application de cette mesure n’est toujours pas publié. La CGPER demande que ce décret soit publié avant le 15 septembre, afin que les planteurs puissent obtenir l’attribution des 3 euros par tonnes qui restent à négocier lors de la réunion de l’Interprofession le 17 septembre prochain.

Quelques dizaines de planteurs ont participé hier matin à Bras-Panon à une réunion d’information portant sur trois thèmes : la revalorisation de la prime bagasse, l’exonération de la taxe foncière sur le non-bâti et le prix de l’engrais. Concernant les deux premiers dossiers, la CGPER interpelle le gouvernement.
Jean-Yves Minatchy, président de la Chambre d’agriculture, indique que sans remettre en cause l’engagement pris par François Fillon, il s’avère que le décret d’application concernant la revalorisation du prix de la bagasse n’est pas encore paru. Première brèche dans les accords de 1969 qui ont dépossédé le planteur de tous les produits de la canne à l’exception d’une partie de la recette du sucre, la revalorisation de bagasse est inscrite dans la loi d’orientation pour le développement économique de l’Outre-mer (LODEOM). Cette revalorisation considère que la canne à sucre est aussi une biomasse qui permet de produire de l’électricité. Jean-Yves Minatchy rappelle aussi à l’intention des dirigeants des Verts que la bagasse produite par les planteurs évite l’importation de 120.000 tonnes de charbon à 135 euros la tonne, sans compter les émissions de CO2 provoquées par l’extraction du charbon, son transport de la mine à La Réunion puis du port à la centrale thermique, ainsi que les dégagements de CO2 provoqués par la combustion de cette énergie fossile.

« Dans la canne, tout est bon »

La revalorisation de la bagasse est un combat sans précédent dans la filière, indique Jean-Yves Minatchy. Ce sont quarante ans de luttes pour un meilleur partage des richesses de la canne, dont plus de dix ans sur l’augmentation du prix de la bagasse. Ce produit de la canne, c’est entre 15 et 20% de l’électricité produite à La Réunion, précise Jean-Yves Minatchy, qui souligne que « dans la canne, tout est bon ».
Le président de la Chambre d’agriculture demande donc au gouvernement de prendre les dispositions pour faire paraître le décret fixant officiellement le montant de la revalorisation de la bagasse avant le 15 septembre, soit deux jours avant une réunion de l’Interprofession. Dans ces conditions, les représentants des planteurs pourront alors discuter du montant que toucheront effectivement les producteurs de cannes à sucre, sans oublier la rétroactivité de cette mesure afin qu’elle s’applique sur toutes les cannes livrées depuis le début de la campagne.
Le Premier ministre avait annoncé 13 euros dont 10 euros au moins pour le planteur pour chaque tonne de canne livrée. 3 euros sont donc encore à négocier entre planteurs et usiniers. Pour la CGPER, ces trois euros doivent s’ajouter aux dix déjà obtenus par les planteurs.

Manuel Marchal


Vers la production d’éthanol ?
Hier, Jean-Yves Minatchy a annoncé que des industriels mauriciens et réunionnais envisageaient de produire de construire une unité de production d’éthanol. Il rappelle que la production d’éthanol à partir de la canne des planteurs entrainera pour ces derniers une hausse de leurs revenus, selon des modalités prévues dans la Convention canne.

Taxe foncière non-bâti : à quand l’exonération ?
« Cela fait 16 ans que les Corses sont exonérés à 100%, nous voulons être traités comme eux », déclare Jean-Yves Minatchy. Une exonération de cet impôt pour les terres cultivées est prévue dans la LODEOM, mais comme pour la revalorisation de la bagasse, le décret n’est pas encore sorti.
Pour le moment, les planteurs paient en moyenne 150 euros par an et par hectare, soit trois fois plus qu’un agriculteur en France.

Engrais : la question de la concurrence
De 840 euros la tonne l’an passé pour la formule la plus utilisée par les planteurs, le prix, en intégrant l’aide de l’interprofession, devrait être cette année de 460 euros la tonne. Jean-Yves Minatchy indique que l’importateur peut encore vendre moins cher. Il précise qu’il a obtenu de cinq fournisseurs alternatifs des prix moins élevés que ceux. Pourquoi ces produits moins chers ne sont-ils pas disponibles à La Réunion ?


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