Canne à sucre

Canne à sucre : un nouvel antibiotique prometteur contre les souches hyper-résistantes

La canne c’est le sucre, mais pas seulement -50-

Témoignages.re / 14 février 2015

« Des gens meurent de maladies nosocomiales contractées particulièrement dans des structures hospiltalières du fait de l’hyper-résistance acquise aux anti-biotiques de certaines souches microbiennes. Si bien que les professionnels de la santé décommandent l’usage systématique des anti-biotiques. Il arrive de plus en plus que les antibiotiques efficaces se font rares et ne peuvent traiter des maladies nosocomiales. Fin 2014, la nature nous a fait un cadeau en permettant au CIRAD de Montpellier, en relation avec l’université technique de Berlin de découvrir la structure de l’albicidine un antibiotique fabriqué par une bactérie pathogène de la canne à sucre. »

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La canne à sucre peut produire des médicaments.

C’est en travaillant sur l’échaudure des feuilles de la canne à sucre qu’une équipe de chercheurs du CIRAD de Montpellier a réussi à décoder la structure de l’albicidine, un antibiotique fabriqué par une bactérie Xanthomonas albilinéans responsable de la maladie indiquée ci-dessus. « Cette molécule a montré une activité antibiotique très puissante contre des bactéries difficiles à traiter et même responsables de maladies nosocomiales et sa structure et son mode d’action en font une molécule très originale et prometteuse » aux dires du CIRAD.

Monique Royer, chercheur au CIRAD, précise : « L’albicidine, fabriquée par cette bactérie, est responsable de l’apparition des symptômes caractéristiques de la maladie de l’échaudure des feuilles de la canne à sucre : des lignes blanches sur les feuilles infectées. D’où le nom donné à la bactérie (albi lineans : ligne blanche). Mais l’albicidine est également un puissant antibiotique ». En fait, l’albicidine est connue du monde scientifique depuis les années 80, mais elle était difficile à extraire en grande quantité et sa structure était inconnue même si les recherches menées alors dans les universités du Queensland et d’Hawaï avaient abouti à l’obtention de données structurales de spectroscopie par RMN (Résonance Magnétique Nucléaire) mais personne n’avait depuis réussi à les interpréter.

Il a fallu assembler, dans un puzzle, des centaines de signaux

Ce n’est qu’au cours des derniers mois de 2014 que les travaux du CIRAD et l’Université technique de Berlin ont abouti à la caractérisation de la structure de l’albicidine. Ces résultats sont décrits dans un article paru en janvier 2015 dans la revue Nature Chemical Biology. Sur la base de la structure de l’albicidine, un protocole de synthèse chimique a été développé pour la produire en grande quantité. Les chercheurs ont pu démontrer que la molécule synthétique ainsi obtenue possède la même activité bactéricide que l’albicidine naturelle.
Un brevet, déposé par le CIRAD et l’Université technique de Berlin, protège l’utilisation du protocole de synthèse chimique de l’albicidine. « Le développement de ce protocole est déjà une étape très importante mais le chemin est encore long et incertain pour que l’albicidine puisse entrer dans la pharmacopée. Elle doit encore franchir de nombreuses étapes de développement et d’évaluation in vivo et chez l’homme » précise le CIRAD.

Compte rendu d’un point de presse du CIRAD en date de 02/2015
Extraits de BIOADDICT.fr


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