Canne à sucre

Canne propre et canne combustible

La canne c’est le sucre, mais pas seulement -42-

Georges Gauvin / 24 janvier 2015

Dans un communiqué de presse du 20/01/2015, le CIRAD (Le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) dresse un bilan sur la culture de la canne à sucre et ses coproduits. Cette déclaration à la presse ne surprendra pas les lecteurs de Témoignages car notre journal informe régulièrement et depuis longtemps ses lecteurs sur ce thème important pour les Réunionnais. Actuellement et dans la perspective 2017 la canne à La Réunion est en danger : des informations comme celles diffusées par le CIRAD sont de nature à informer les Réunionnais et donner aux élus des orientations sur la politique à mener et défendre dans le contexte qui est le nôtre. Notre journal a choisi de publier de larges extraits de ce communiqué avec des titres et sous-titres qui sont ceux de la rédaction et des observations nécessaires à affiner et compléter.

La canne en tant que culture de plus en plus propre.

« La canne devient une plante propre », précise d’emblée François-Régis Goebel, chargé de mission filière canne à sucre au CIRAD, « les itinéraires techniques de production ont été mis au point de façon raisonnée et les pratiques culturales sont de plus en plus réfléchies selon une approche agroécologique. On utilise désormais beaucoup moins de pesticides et autres intrants qu’auparavant, même si des efforts dans cette filière restent encore à faire. » Leur sont désormais préférées les cendres riches en silice obtenues lors de la combustion des tiges de canne et qui fertilisent à souhait les plantations de canne à sucre, tout comme la vinasse (riche en potassium et azote) et la mélasse (riche en hydrates de carbone stimulant la croissance des micro-organismes). L’eau qui sert au lavage des cannes à l’usine est elle-même recyclée pour irriguer les parcelles. Car « tout est bon » dans la canne.

Observation : Beaucoup d’efforts restent encore à faire. C’est certain ! De plus les considérations développées pour avoir un poids réel doivent être étayées par des études quantitatives : combien d’engrais chimique en moins ? Combien de désherbants en moins ? Brûler les tiges de cannes présente des risques pour les sols dont les pailles constituent un tapis protecteur en attendant l’arrivée de la couverture verte dont on a parlé récemment. N’y a-t-il pas une meilleure utilisation de certains produits dérivés ?

La canne combustible « On réfléchit aujourd’hui à exploiter la canne dans sa totalité pour produire de l’électricité à grande échelle. Cette canne est appelée « canne combustible », elle fait « tourner des usines » et sera une source importante d’électricité demain dans de nombreux pays et dans les départements français, à La Réunion, en Guadeloupe et en Martinique. Elle correspond à des variétés à forte biomasse, dépassant largement les variétés traditionnelles dites à sucre. Ce qui annonce une nouvelle filière « canne fibre à côté de la traditionnelle filière canne-sucre-rhum ! »

Observation : Spécialiser la canne, pour différents usages pourquoi pas ? Ne pas oublier cependant l’alimentation des gens. Il y a danger à mettre concurrence la nécessité de nourrir les hommes avec les profits réalisés dans une filière énergie. D’autant que nous ne manquons pas d’autres sources d’énergie : le soleil, la mer, la géothermie, le vent. Pourquoi encore cultiver des cannes pour l’énergie seulement. Il y là un choix politique et un mauvais choix entraîne souvent des catastrophes. La canne énergie est un mauvais choix pour La Réunion ! Maintenant pourquoi pas la canne pour le papier, la canne pour le plastique et autres.

(à suivre)

Vocabulaire : la co-génération, production simultanée de plusieurs énergies


A Bois Rouge ou Le Gol, la canne est broyée et la bagasse, considérée comme déchet à valoriser, est brûlée pour la production d’électricité à usage interne (à l’usine sucrière) et externe pour l’alimentation du réseau EDF. Ajoutons qu’en retour l’usine sucrière reçoit en plus de la vapeur chaude pour cuire le jus, résorber l’eau, et ainsi alimenter la chaîne de fabrication du sucre.



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  • Suite à vos commentaires sur l’article du cirad, je me permets de répondre : tout d’abord je trouve dommage de dire d’emblée : la canne énergie est un mauvais choix pour la Réunion ! ce n’est pas un mauvais choix, simplement il faut envisager toutes les possibilités autour de la canne, cette plante miracle. La canne fibre pour produire de l’électricité est une option intéressante à l’horizon 2017 ou le marché du sucre ne sera plus protégé par l’Europe. Il est important de diversifier les ressources de la canne, et la valoriser entièrement.

    Il s’agit de faire rentrer cette production d’électricité à partir de canne (mais aussi d’autres biomasses) dans le mix énergétique à la Réunion !

    Je pense que demain et particulièrement dans les DOM il y aura une filière canne fibre (biomasse) au même titre que d’autres filières. Cela vaut le coup de se pencher sur la question ; d’autant plus que d’autres pays et d’autres DOM si engouffrent. La canne fibre peut aussi pousser sur des terrains marginaux, ainsi que dans les hauts...Certaines exploitations peuvent aussi produire du sucre et de la fibre pour l’électricité en même temps, ce que fait le Brésil. Voilà je pense simplement qu’il ne faut fermer la porte et les politiques auront a jouer un rôle important pour encourager d’autres filières, d’autres débouchés pour la canne à sucre, sans mettre en péril les besoins alimentaires.

    François-Régis Goebel, chargé de mission filière canne à sucre au CIRAD

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  • Je rajoute qu’il ne s’agit pas de brûler les tiges, les pailles sur le sol, mais bien de récolter la canne fibre et de la brûler par la suite dans des incinérateurs spécialisés.

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