Canne à sucre

Centrale électrique cent pour cent biomasse à la Réunion

La canne c’est le sucre, mais pas seulement -31-

Georges Gauvin / 30 décembre 2014

On sait qu’il y a deux centrales électriques charbon-bagasse à La réunion, l’une à Bois Rouge (Saint-André) et l’autre au Gol (Saint-Louis). Chacune a été saluée à l’époque de leur réalisation comme une avancée technologique du fait de leur fonctionnement à partir de deux sources d’énergie différentes, l’une étant la bagasse et l’autre étant le charbon de terre. Toutefois, le réel progrès ne peut venir que d’un fonctionnement à 100 % avec de la biomasse.

Il ressort d’une information récente publiée sur le site www.boursier.com que :

« Le producteur d’électricité Albioma a confirmé être le lauréat d’un appel à projet pour la construction et l’exploitation d’une centrale à biomasse de 40 MW à La Réunion.
Ce projet représente un investissement de 45 millions d’euros et sera détenu à 51 % par Albioma et à 49 % par ses partenaires sucriers. Sa mise en service est prévue au second semestre 2016. Un contrat d’achat long terme d’électricité d’une durée de 25 ans sera signé avec EDF.
Cette unité sera la première centrale de pointe française fonctionnant essentiellement avec de la biomasse, utilisant du biocarburant de deuxième génération (éthanol de distillerie de mélasse), fourni par les partenaires sucriers du groupe à La Réunion et à l’île Maurice. La validation du contrat d’achat d’électricité par la Commission de Régulation de l’Energie est attendue au cours du deuxième semestre 2014. »

La première question qui se pose est la suivante :

Si le coût de la centrale sera de 45 millions d’euros pour une capacité de 40MW, et si pour la même capacité la centrale de Martinique doit coûter 170 millions d’euros, le projet prévu pour la Réunion ne serait pas une construction mais une reconversion de la partie de la centrale au charbon en centrale à cent pou cent biomasse. Cette question n’est pas sans intérêt, car on sait que les centrales fonctionnant actuellement au charbon sont responsables d’une part importante de la pollution de l’air par les GES (gaz à effet de serre). On ne peut donc que souhaiter la fin du charbon et la conversion totale à la biomasse des deux centrales de Bois Rouge et du Gol.

La deuxième question qui se pose est la suivante :

Une partie de la biomasse utilisée sera constituée par de l’éthanol produit à la Réunion et à Maurice par les partenaires sucriers du groupe Albioma. On peut se féliciter de la coopération prochaine entre Maurice et La Réunion pour le projet qui est annoncé et même souhaiter qu’elle s’étende encore, mais on doit s’interroger sur l’utilisation du bio-éthanol extrait de la mélasse lorsque l’on sait la richesse de cette matière première dérivée de la canne à sucre. Je crois plus intelligent de faire comme à Cuba en utilisant en plus de la bagasse de la biomasse issue de la transformation en charbon de bois d’un arbre invasif, le Marabu. N’avons-nous pas ici des plantes invasives indésirables ?

Une dernière question que l’on ne fera qu’aborder pour l’instant est celle de l’autonomie énergétique :

Il existe une niche de 700 millions d’euros portant sur les importations de produits pétroliers, une niche dans laquelle on peut puiser pour développer la production intérieure, l’emploi, et améliorer l’environnement. Ce n’est pas négligeable pour notre développement économique, ni pour développer l’emploi, ni pour un environnement libre de toute pollution par les gaz à effet de serre.


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