Canne à sucre

CGPER et avenir de la canne à sucre : à qui faire confiance ?

Les interrogations se multiplient

Manuel Marchal / 17 février 2014

La CGPER a tenu hier une conférence de presse à Saint-Benoît. En présence d’une quarantaine d’agriculteurs, les responsables du syndicats font part de leurs inquiétudes quant à l’attitude du gouvernement vis à vis des agriculteurs réunionnais. La CGPER demande également que l’Etat participe avec les usiniers et les planteurs à la fixation du prix de la canne dans la prochaine Convention canne applicable à partir de 2015.

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Pour la CGPER, les inquiétudes sont multiples. Le gouvernement, par l’intermédiaire de son ministre des Outre-mer, demande la remise en cause du POSEI, pour la partie qui concerne La Réunion.

C’est aussi l’audition au Senat, le 13 novembre 2013, de Victorin Lurel qui a demander d’« anticiper la fin de la canne et peut-être la réorientation de la canne, du sucre et du rhum ».
Cependant, en ce début d’année, « nous apprenons que l’Etat a signé une convention tripartite Région/Etat/Département pour payer une tonne de canne à 8% de richesse à 80 euros aux planteurs antillais pour seulement 80 kg de sucre produits. Alors que les planteurs réunionnais ne sont payés que 39 euros par tonne de canne à 13,8% de richesse pour 138 kg de sucre produits » indique la CGPER.

La Réunion dans la ligne de mire ?

« Comment, trois mois auparavant, un ministre peut-il encourager la fin de la canne, et aujourd’hui aider des producteurs antillais en payant au prix fort la tonne de canne pour une production de sucre moindre comparée à La Réunion ? Comment expliquer une telle contradiction et distorsion ? », interroge le syndicat.
Jean-Yves Minatchy demande si l’agriculture réunionnaise est dans la ligne de mire du gouvernement. « Comment peut-on démolir une filière qui a fait ses preuves ? »

La perspective de la fin du quota en 2017 inquiète. La CGPER demande au gouvernement de compenser le manque à gagner. L’Etat est aussi sollicité pour participer à la définition du nouveau prix de la canne dans la prochaine Convention Canne.

Utilisation des fonds européens

La visite de Thierry Repentin, ministre des Affaires européennes, était aussi à l’ordre du jour de la conférence de presse.

Jean-Yves Minatchy rappelle que le ministre a déclaré que 2,1 milliards d’euros de crédits sont à consommer entre 2014 et 2020.
La CGPER a des propositions pour utiliser ces fonds européens. C’est l’augmentation des aides dans plusieurs domaines : transport, achat de matériel, replantation, travaux fonciers, replantation, irrigation, achat d’engrais.

Le syndicat demande aussi de revoir l’écart technique de 2,8 qui n’a plus lieu d’être.
Jean-Yves Minatchy souligne que dans la période actuelle, c’est la cacophonie au gouvernement : quand Thierry Repentin dit que le gouvernement s’occupe de défendre les intérêts de la filière canne, a-t-il lu les déclarations de Victorin Lurel ? À qui faire confiance ?

En conclusion, la CGPER demande au gouvernement d’être clair sur ses intentions, et aux agriculteurs de rester mobilisés et vigilants.

M.M.


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