Canne à sucre

CGPER : vers une campagne sucrière agitée ?

À quelques semaines du début de la coupe

Témoignages.re / 25 mai 2013

Un rapport sur l’expérimentation des coupeuses canne péï va-t-il noyer le poisson ? Pour la CGPER, le problème se situe dans la hausse continue des coûts de production, et dans l’excès de zèle des représentants de l’usinier sur les plate-formes. C’est pourquoi le syndicat revendique un prix plancher de 31 euros la tonne de canne en zone non-irriguée, et de 36 euros dans les périmètres irrigués.

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La CGPER constate chez les planteurs « une certaine anxiété à l’approche de la coupe ».

Des difficultés ont été observées quant à la réception des cannes récoltées mécaniquement sur certaines plates-formes lors de la campagne sucrière 2012. Face à cette situation, la CGPER a suggéré « la mise en place d’une richesse plancher pour prendre en compte les nouvelles problématiques de la filière ». Ce à quoi la DAF a proposé « une expérimentation grandeur nature visant à évaluer l’impact des coupeuses des cannes longues sur le revenu des planteurs ». Cela a donné lieu à un rapport “Bilan final expérimentation coupeuse canne péï” exposé hier en Comité paritaire de la canne et du sucre. Et la CGPER de regretter que ce document soit présenté à quelques semaines de la nouvelle campagne.

Selon la confédération on ne peut ouvrir de véritables négociations pour résoudre la problématique des coupeuses péï. Se dirige-t-on vers une saison « agitée » ?

Compte tenu de l’augmentation des coûts de production (engrais : +85% entre 2007 et 2013 - herbicides beaucoup plus chers compte tenu des contraintes d’homologation), les planteurs ne peuvent plus accepter d’entretenir leur canne pendant 12 mois, irriguer quelque fois, procéder à la coupe manuelle ou mécanique, livrer leur canne et en définitive... être redevables aux usiniers compte tenu de la richesse mesurée.

« Nos rencontres durant l’inter-campagne sur le terrain avec les planteurs, en particulier ceux de Sainte-Rose et du Sud sauvage, montrent une certaine anxiété à l’approche de la coupe » , dit un communiqué signé par Jean-Yves Minatchy. « Alors qu’ils ont tout mis en œuvre pour avoir une canne à fort rendement et de bonne qualité, les planteurs craignent de revivre les épisodes de l’année dernière à savoir des chargements de canne dont le taux de richesse s’évalue à 6,7 ou 10% » .

Des planteurs se demandent « s’ils doivent encore apporter tout le soin nécessaire à leur canne si la richesse ne suit pas et plombe le revenu ». Quel que soit « les conditions climatiques » , conclut le syndicat « les planteurs ont droit à une richesse plancher qui couvre les frais ». Car « il ne faut plus raisonner uniquement en terme de sucre, mais également de quantité de biomasse produite dans la mesure où les industriels bénéficient également de la richesse bagasse » . La CGPER revendique un prix nu usine minimal de 31 euros par tonne en zone non-irriguée, et de 36 euros par tonne en zone irriguée.

31 euros et 36 euros

La CGPER s’appuie sur une étude sur le coût de production d’une tonne de cannes. Voici le résultat :

- coupe manuelle : 13 euros par tonne ;

- chargement et transport : 10,6 euros par tonne ;

- engrais : 5,8 euros par tonne ;

- herbicide : 1,5 euro par tonne ;

- irrigation : 4,9 euros par tonne.

Soit 31 euros par tonne en zone non-irriguée, et 36 euros par tonne quand le planteur reçoit l’irrigation.
Monde : effondrement des cours du sucre brut

Cet extrait d’un article des "Echos" annonce une baisse continue des cours mondiaux du sucre brut de canne. Il est aujourd’hui de 290 euros la tonne de sucre.

Que va faire le Brésil de sa canne à sucre ? De la réponse à cette question dépend aujourd’hui en grande partie l’évolution des prix de la matière première. Des prix tombés à leur plus bas niveau depuis juillet 2010 à l’idée d’une récolte abondante chez le premier exportateur mondial, dont l’industrie approvisionne plus de la moitié de la planète. Le ramassage, démarré en avril, est actuellement en plein boom. Et ces tonnes de sucre supplémentaires devraient s’ajouter à un marché déjà excédentaire en dépit d’une forte demande (elle a dépassé 7 millions de tonnes au premier trimestre, en hausse de 30 % comparé à la même période l’an passé).

« Le monde n’a pas besoin de davantage de sucre. Or, le surplus cette saison sera encore plus important » , prévient Kona Haque, analyste chez Macquarie. Conséquence, sur l’Intercontinental Exchange (ICE) à New York, le contrat à terme sur le sucre brut a plongé de 14 % depuis le début de l’année. Côté investisseurs, les paris à la baisse n’ont jamais été aussi nombreux depuis 2006. La livre vaut désormais moins de 17 cents. C’est là que les choses pourraient changer : à ce niveau de prix, les spécialistes estiment que l’industrie devrait choisir de transformer la canne en éthanol plutôt qu’en sucre.

La principale organisation de la filière canne à sucre, Unica, a rapporté la semaine dernière que 60 % des premiers broyages de la canne à sucre en avril avaient été dédiés à l’éthanol, contre 61,5 % l’an passé à la même époque. Chez les traders, c’est la déception. « Le fait que, dans la région du Centre-Sud, on continue à se concentrer sur le sucre plutôt que sur l’éthanol, comme attendu, ébranle un peu plus l’humeur du marché » , soulignent les analystes de FO Licht. Certains voient déjà le cours fléchir vers 16 cents.

(Source "les Echos")
Hausse du trafic du sucre par container

Dans sa chronique des matières premières, Radio France Internationale confirme la tendance : la majorité du sucre raffiné voyage désormais par container. Autrement dit, le sucre voyagera de plus en plus par container, sous forme de sucres spéciaux. Une valeur ajoutée loin de profiter aux planteurs.

Plus de la moitié du sucre raffiné sur la planète voyage désormais dans ces grandes boîtes de 6 mètres de long et la conteneurisation devrait encore progresser. Preuve en est : le géant américain du négoce, Cargill, vient de lancer une activité conteneur uniquement pour le sucre.

L’avantage, c’est la standardisation du contenu : 25 tonnes de sucre raffiné environ ; et un conditionnement sans perte puisque le conteneur est scellé, alors qu’avec les sacs, on avait à l’arrivée beaucoup plus de sucre manquant, après les multiples manipulations. Cette manipulation des sacs est de toute façon de moins en moins possible, avec la mécanisation croissante des infrastructures portuaires ; de plus en plus de destinations aménagent des quais exclusivement réservés aux porte-conteneurs.

Cette vogue du conteneur répond aussi à une fragmentation du commerce du sucre raffiné.

Désormais plus de la moitié du sucre raffiné au Brésil, en Thaïlande et en Europe, est exporté de cette façon. 100% du sucre raffiné à Dubaï. Seul le sucre roux non raffiné, qu’il soit brésilien ou thaïlandais, voyage encore dans des vraquiers.


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