Canne à sucre

Chute prévisible de 24 % de la production de canne en Guadeloupe

Avant-dernière campagne sucrière selon le régime des quotas dans l’hémisphère Nord

Manuel Marchal / 12 mars 2016

La coupe a commencé mercredi en Guadeloupe. Elle a lieu dans un contexte difficile, avec une baisse prévisible de 24 % du tonnage de cannes récoltées à cause de la sécheresse. Ce sera aussi la dernière campagne sucrière avec le quota et le prix garanti. La Convention canne signée 2016-2022 en Guadeloupe fixe le prix de la canne pour les deux premières campagne et ne dit rien pour l’après 2017, comme à La Réunion.

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En Guadeloupe, la sécheresse de l’an dernier annonce une récolte en net recul en 2016.

La coupe a commencé mercredi en Guadeloupe. Elle doit durer 100 jours. Les deux dernières usines recevront donc les cannes au mois du juillet. Les prévisions de récolte sont pessimistes. 493 800 tonnes de cannes sont prévues en 2016, contre 656 566 tonnes en 2015. C’est une perte de 24 %. C’est la conséquence d’une forte sécheresse en 2015.

Guadeloupe Première rappelle qu’avant le passage du cyclone Hugo en 1989, les planteurs guadeloupéens produisaient plus de 800.000 tonnes de cannes. En 2007, la filière employait 9.000 personnes.

Quel prix de la canne après la fin du quota ?

Mais ce n’est le seul souci. Le 22 janvier dernier, l’État, les planteurs et les usiniers ont signé la Convention canne 2016-2022. Un communiqué diffusé le jour même par la Préfecture de la Guadeloupe annonce que « Cette convention précise le cadre d’intervention pour les 2 prochaines campagnes 2016 et 2017 et convient d’une reprise des discussions en 2017 pour les cinq campagnes suivantes pour tenir compte des futures évolutions liées à la libéralisation du secteur sucrier européen en octobre 2017 ».

Rappelons que les quotas sucriers sont supprimés à compter du mois d’octobre 2017. C’est pourquoi la filière canne-sucre de Guadeloupe peut donc bénéficier encore de la protection du quota et du prix garanti pour deux campagnes. En effet, la campagne sucrière 2017 dans cette île des Antilles sera terminée avant que les quotas soient supprimés.

Chute de 30 % des replantations

Pour l’après 2017, il faudra donc discuter car la seule certitude, c’est la fin de la garantie d’écoulement du sucre guadeloupéen.

La superficie des replantations a déjà diminué, malgré les aides. France Antilles note qu’en 2015, elles ont concerné 1985 hectares, contre 2630 hectares en 2014. C’est une chute de plus de 30 %.

En Guadeloupe, la canne à sucre est cultivée sur 14.000 hectares, soit le tiers de la superficie agricole. Même si elle n’a pas un poids aussi important qu’à La Réunion, sa disparition aurait des conséquences catastrophiques


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