Canne à sucre

Filière canne : la CGPER lance un ultimatum à François Hollande

Echec de la rencontre entre les planteurs et le représentant du gouvernement

Manuel Marchal / 21 juin 2014

A l’appel de la CGPER, plusieurs centaines de planteurs ont défilé de l’ancienne gare de chemin de fer de Saint-Denis à la préfecture. Une délégation a été reçue par un conseiller de la ministre des Outre-mer. Aucune réponse à la fin des quotas, si ce n’est un rapport parlementaire que la CGPER juge illégitime. Le syndicat attend du président de la République des solutions durables pour sauver la filière canne et rappelle que les planteurs n’ont plus rien à perdre. Une revendication : la compensation intégrale.

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Le rapport de la délégation de la CGPER.

C’était un des temps forts de la visite de Bernard Cazeneuve (ministre de l’Intérieur) et de George Pau-Langevin (ministre des Outre-mer). Logiquement, les planteurs attendaient des réponses à leurs inquiétudes suite à l’annonce de la suppression des quotas sucriers pour 2017. Cette décision implique la fin du prix minimum garanti du sucre à partir duquel est calculé celui de la canne.
La CGPER a organisé hier matin une manifestation aboutissant devant la préfecture. Une délégation composée de Jean-Bernard Gonthier, président de la Chambre d’agriculture, et Jean-Yves Minatchy, président de la CGPER, a été reçue par le chef de cabinet de la ministre des Outre-mer, et pendant quelques instants par George Pau-Langevin en personne.

La rencontre n’a pas permis d’apaiser les inquiétudes, bien au contraire. Jean-Yves Minatchy a fait le rapport de la délégation. Il fustige tout d’abord 5 parlementaires et Téréos qui parlent au nom de la filière alors qu’ils ne plantent pas de cannes.
Le président de la CGPER dénonce un rapport parlementaire fait sans concertation avec les planteurs : « les sept préconisations sont sept demandes de Téréos ».

Pour la CGPER, il est hors de question d’accepter le cours mondial. Le planteur réunionnais ne peut pas aligner son coût de production sur celui du Brésil ou de la Thaïlande. Le syndicat exige la compensation intégrale.
Il estime que c’est au gouvernement de compenser les pertes de revenu liées à la fin du quota, donc c’est au gouvernement de payer pour que le planteur puisse maintenir son activité. C’est la seule revendication de la CGPER pour faire face à la fin du prix garanti.
Elle se justifie notamment par le fait que les Etats-Unis versent 32 milliards par an à leurs agriculteurs, soit plus que l’Union européenne.

François Hollande doit arriver fin juillet à La Réunion. L’ultimatum est lancé : quand le président arrive, il doit nous apporter des solutions fermes et définitives ».

Manuel Marchal

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Les revendications des agriculteurs


« La filière canne sucre-rhum-énergie est menacée et avec elle le modèle agricole réunionnais à cause de la suppression des quotas sucriers et des prix garantis. L’inquiétude est déjà grandissante dans le monde agricole et l’avenir s’assombrit pour les 23 000 personnes qui vivent de l’agriculture.
De plus, quelques 1 200 agriculteurs sinistrés et en difficulté de trésorerie sont toujours dans l’attente d’être indemnisés des pertes subies 5 mois après le passage du cyclone BESIJA.
En outre, malgré les nombreuses sollicitations auprès de l’Etat, notre syndicat reste toujours absente dans les conseils d’administration de la CGSSS et de la Caisse d’allocations familiales au détriment de la défense des intérêts de tous ses mandants.
Par conséquent, des délégations de paysans de toutes les filières agricoles vont manifester (…) devant la préfecture leur mécontentement et porter nos revendications sur ces trois sujets au Président de la République, à l’occasion de la visite des ministres de l’intérieur et des outre-mer. »


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