Canne à sucre

L’Etat veut « donner un signal » à la filière canne à sucre

Le nouveau préfet rencontre les planteurs et l’usinier

Manuel Marchal / 18 septembre 2014

Le préfet Dominique Sorain a eu hier une première rencontre officielle avec les acteurs de la filière canne. Une prise de contact qui a permis de mesurer l’importance de ce secteur pour l’économie et l’emploi.



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Tereos a présenté la filière canne à Dominique Sorain, le nouveau préfet, ici à côté de Jean-Yves Minatchy.

Lors de sa visite à La Réunion, le président de la République avait consacré une séquence spéciale à la filière canne. Informés par la campagne d’explication du PCR, les planteurs savent que dans trois ans, rien ne garantira plus le prix du sucre tiré de leurs cannes. Le contexte est planté.

En effet, l’an dernier, l’Union européenne a décidé de supprimer les quotas sucriers en 2017. Au moment du vote, le représentant de la France a même soutenu cette décision. Le 21 août dans la cour de l’usine de Bois-Rouge, François Hollande a confirmé la mort du quota sucrier réunionnais. Il ne reste donc plus que trois ans pour se préparer à ce changement historique pour la filière : le sucre réunionnais devra affronter la concurrence mondiale. Car les quotas sont les descendants des contingents d’avant la seconde guerre mondiale, c’est-à-dire la garantie d’écouler en Europe du sucre produit à La Réunion. L’autre annonce de François Hollande était de demander à l’Union européenne d’autoriser une augmentation des aides jusqu’à 128 millions d’euros par an à partir de 2017. C’est pour le moment le seul moyen de donner une chance au sucre réunionnais de pouvoir se vendre malgré son coût de fabrication plus élevé que ses futurs concurrents.
Jusqu’en 2017, l’Etat s’est engagé à verser 90 millions par an de subvention à la filière. Il est donc un partenaire essentiel de la filière.

Mécanisation

Quelques jours après la visite du président de la République, un nouveau préfet est arrivé à La Réunion. Il a l’expérience des dossiers dans l’agriculture. Avant d’intégrer l’administration préfectorale, Dominique Sorain a été notamment secrétaire général du ministère de l’Agriculture. Il n’est donc pas en terrain inconnu quand il est question de l’évolution de la politique agricole.

C’est aux acteurs de filière canne qu’il a réservés sa première visite de terrain :
au programme, la découverte de deux exploitations à Saint-André et à Sainte-Suzanne, puis passage à R’Canne, centre de recherche, trésor de deux siècles de travail des Réunionnais sur la canne à sucre.
Une délégation de la CGPER conduite par son président Jean-Yves Minatchy, et une de la Chambre d’Agriculture avec à sa tête le président Jean-Bernard Gonthier représentaient les planteurs. Philippe Labro, président de Tereos Océan Indien et du Syndicat du Sucre, et Sylvie Lemaire, déléguée générale du Syndicat du sucre représentaient l’industriel.

C’est l’industriel qui a présenté la filière, avec ses 13.500 emplois et ses 3,500 exploitations très majoritairement en dessous de 10 hectares.
Place ensuite à la démonstration d’une coupeuse-tronçonneuse-chargeuse Austoft de Case-IH, avec le préfet à bord. En hibernation pendant 2 ans, la coupeuse a été réactivée par une initiative de planteurs, explique Isidore Laravine, vice-président de la Chambre d’agriculture. Elle a permis l’embauche d’un travailleur.
L’exploitation située dans les hauts de Saint-André a une superficie de 36 hectares. Epierrée et nivelée, elle est particulièrement adaptée à la mécanisation. L’Austoft peut ainsi traiter 25 des 36 hectares.

Une « priorité »

Le préfet était venu pour écouter et voir comment les planteurs travaillent. Il a réaffirmé l’importance pour l’Etat de la filière, une « priorité ». En allant d’abord à la rencontre de la canne à sucre avant d’autres secteurs économiques, Dominique Sorain a voulu « donner un signal à toute la profession ».
Il a abondé dans le sens de Jean-Yves Minatchy et Jean-Bernard Gonthier : la canne est le pivot de l’agriculture réunionnaise.


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