Canne à sucre

La bagasse et la production de papier

La canne c’est le sucre, mais pas seulement -11-

Georges Gauvin / 6 novembre 2014

Dans notre chronique de mardi 4 novembre, nous avons évoqué la question de l’énergie produite à partir de bagasse. Aujourd’hui, nous évoquerons la fabrication du papier à partir de la bagasse. Celle-ci est actuellement importante puis qu’elle représente environ dix pour cent de la bagasse produite dans le monde, soit dix pour cent de 250 millions de tonnes, soit une sérieuse économie sur les arbres et forêts abattus en vue de fabriquer du papier.

JPEG - 41.3 ko
A Cuba, les élèves apprennent leurs leçons avec des cahiers fabriqués à partir de la canne à sucre.

Chacun sait que la production de papier est énergivore et polluante, et de plus elle dévaste de grandes étendues de forêts, compte tenu de la demande croissante de papier dans le monde mais la recherche a bien progressé dans ce domaine, si bien que la production de papier sans arbre ne cesse de s’accroître, en quantité, en rendement et également en qualité. Par papier sans arbre il faut entendre sa fabrication à partir des pailles de céréales, des roseaux, des bambous et la bagasse … En Amérique du sud et en Inde cette fabrication concerne plus de vingt pour cent de la production de papier. A Cuba on travaille la bagasse en vue de la production du papier depuis plus de trente ans. On notera également que le recyclage du papier a fortement progressé dans le monde.

Les chercheurs de l’Ird et de l’Inra ont mis au point, en laboratoire, un procédé de fabrication non polluant du papier par la production d’une enzyme, la laccase, à partir d’un champignon filamenteux. Le procédé passe par la destruction de lignine et la libération de la pâte à papier blanche qui peut être utilisée dans la fabrication du carton. Après un traitement au peroxyde d’hydrogène on peut obtenir du papier. Par ailleurs l’éthanol, lorsqu’il intervient dans le processus de production de laccase, permet d’accroître considérablement la production de l’enzyme dont il est fait état ci-dessus soit 40 fois plus que sans éthanol. En fin de processus, la laccase et l’éthanol peu consommés par le champignon sont recyclés en vue du traitement d’une nouvelle quantité de bagasse. Parmi les résultats à mettre au crédit de ce bio-procédé, on notera le peu d’utilisation des produits chimique, la réduction de 50% de l’énergie dépensée et l’augmentation de la résistance du papier de l’ordre de 35%.

85 millions de cahiers d’écoliers produits à Cuba

C’est en 1963, comme je l’ai déjà signalé, que le révolutionnaire Che Guevara, a fait créer l’institut qui porte aujourd’hui son nom avec pour ligne de conduite, la recherche et le développement dans le domaine de l’exploitation des produits dérivés de la canne. Un journaliste de Témoignages de passage à Cuba, en 1979, a fait l’inventaire des réalisations de cet institut et a noté que les enfants cubains écrivaient déjà sur du papier issu de la bagasse. Cuba en avait déjà fabriqué 85 millions de cahiers et depuis, cette industrie n’a cessé de progresser, de s’améliorer et de se diversifier.

C’est quoi le recyclage du papier ?


C’est faire en sorte que l’on puisse utiliser le papier à plusieurs reprises. Le papier c’est essentiellement de la cellulose. Or la cellulose ne se détruit pas donc le papier est recyclable. L’avantage du recyclage ? Une moindre utilisation de produits chimiques de l’eau et de l’énergie jusqu’ à la généralisation d’un bio — procédé comme celui dont nous avons parlé ci-dessus. Le recyclage peut-être industriel ou artisanal. Il peut permettre la fabrication de papier de luxe comme cela se fait à l’île Maurice, par l’intégration de feuilles de cannes moulues. Pour ceux qui voudraient s’exercer au recyclage du papier, ils peuvent se renseigner utilement auprès de leurs sources habituelles de documentation.


Kanalreunion.com