Canne à sucre

La canne à sucre au secours de notre environnement (suite 3)

La canne c’est le sucre, mais pas seulement -40-

Georges Gauvin / 20 janvier 2015

Nous avons commencé à décrire la semaine passée, le rôle de la canne à sucre dans la préservation des sols contre l’érosion. Il en ressort de l’étude du CIRAD déjà citée que l’érosion des sols est beaucoup moins importante lorsque la terre est plantée de cannes à sucre que lorsqu’elle est occupée par d’autres cultures… « selon ce rapport, la culture de la canne à sucre réduit les pertes de sol de 90 à 98 %par rapport à un sol nu »
Nous avons déjà évoqué l’épais tapis racinaire qui se constitue tous les ans et se décompose pour enrichir la terre. Nous avons vu également le tapis vert qui recouvre la terre plantée en cannes quasiment toute l’année hormis quelques mois tous les sept à dix ans à l’occasion de la replantation. Mais il y a d’autres facteurs que nous allons énumérer ci-dessous :

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À La Réunion, la canne n’est pas brûlée avant la coupe. (photo Toniox)

La coupe au vert

A La Réunion, la canne n’est pas brulée avant la coupe et s’il y a des accidents, ceux-ci n’affectent qu’une superficie réduite des terres cannières. L’avantage d’une telle pratique est le suivant : les déchets hors-canne restent sur le sol en grande partie afin de protéger les sols mis à nu par la coupe en attendant que le tapis vert se reconstitue. Plus tard, les débris hors canne se décomposent pour restituer à la terre une partie de ce qu’on lui a pris. La récolte ainsi pratiquée permet au sol de se couvrir d’un « mulch » abondant alors que la pratique du brulis dessèche les sols, dégrade ses structures et augmente le risque d’érosion. Les plus anciens n’ont certainement pas oublié les premières années d’utilisation des machines à couper la canne, dans des champs brulés au préalable et privés d’au moins 160 tonnes par hectare de matière sèche. Mais ce temps-là n’est plus et fort heureusement.

Les cultures intercalaires

Il y avait auparavant une technique qui était aussi bien profitable à l’agriculteur qu’à l’enrichissement des terres : c’était la pratique des cultures intercalaires. Cela se pratiquait aussi bien à la période de renouvellement des souches que lors de la repousse la canne. Quelles cultures trouvait-on ? Le maïs, puis l’arachide, les voemes, les margoz. Aujourd’hui cette pratique a beaucoup diminué sinon disparu. Il est à supposer que le prix de la main d’œuvre y est pour quelque chose, ainsi que l’usage des bons produits « Monsanto » pour éradiquer les mauvaises herbes. Mais au fait qui peut dire avec certitude les bonnes herbes et les mauvaises herbes ? Je rappelle l’interview de ce vieil indien d’Amazonie qui disait que les mauvaises herbes n’existent pas, mais que les ignorants sont nombreux ! Nous pensons aussi que les conseils « utiles » des têtes d’œufs qui sévissent un peu partout y sont pour quelque chose. Un avantage à ne pas négliger concernant les cultures intercalaires c’est que les déchets de ces cultures restent sur le sol pour se décomposer et toujours rendre à la terre une partie de ce qu’on lui a pris.

(à suivre)

Vocabulaire : le « mulch »


Il y a deux types de mulch : ceux qui vont fertiliser le sol, et les autres (bâches plastiques, pierres…). On peut donc mulcher avec énormément de matériaux, tout dépendra des ressources facilement disponibles et des objectifs à atteindre. Le but étant bien sûr, d’utiliser uniquement des produits n’auront aucune incidence nocive dans votre jardin (être attentif à la terre). Pour de la culture, nous allons donc en général privilégier ceux qui vont nous aider à fertiliser notre sol (explication relevée dans le wiksionnaire)


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