Canne à sucre

La canne à sucre au secours de notre environnement (suite1)*

La canne c’est le sucre, mais pas seulement -38-

Georges Gauvin / 15 janvier 2015

Il ressort du rapport du CIRAD daté de 2005, que La Réunion est caractérisée par la présence de reliefs jeunes, fortement escarpés et une forte pluviométrie. D’après de nombreuses sources bibliographiques, près de 30 tonnes de matériaux par hectare peuvent être emportées annuellement. L’érosion est l’une des plus fortes constatées dans le monde, avec un rythme actuel de disparition du sol de l’ordre de 0.5 à 1 mètre en 70 ans. La canne à sucre permet de préserver les sols compte tenu des éléments suivants :

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1- la canne à sucre présente un système racinaire très développé

Les racines peuvent atteindre système six mètres de profondeur suivant un périmètre de deux à cinq mètres au dessous de la souche de canne. Dans les conditions favorables le système racinaire peut explorer un volume de terre bien plus considérable que celle du maïs ou du sorgho. Selon Van Dillewyn, d’après une étude qui remonte à 1960 le volume de terre parcouru par les racines d’une touffe de cannes à sucre serait de 113 mètres cubes. D’où la grande capacité de la canne à retenir la terre et à lutter ainsi contre l’érosion. Il faut ajouter que l’on compte sur une épaisseur de 25 centimètres 90 % des racines dans une épaisseur de 60 centimètres.

Dans d’autres études on note simplement que les racines de la canne sont nombreuses et descendent profondément dans le sol. Le système racinaire se renouvelle chaque année, contribuant ainsi à nourrir le sol par le compost venant de sa décomposition, et par là-même permettant à la canne d’absorber tous les éléments nutritifs dont il a besoin et qui sont présents dans le compost… On notera trois choses : la première c’est que la canne peut trouver de quoi s’alimenter dans le sol ; la deuxième que les réseaux de racine et radicules permettent à l’eau de pluie de s’infiltrer au lieu de raviner le sol et d’emporter les substances nutritives ; la troisième que le maillage dont il est fait état ci-dessus constitue un puissant barrage à l’érosion des sols. On remarquera quand même qu’il faut en agriculture, comme dans toutes choses raison garder, donc préserver autant que possible les petites bêtes qui peuplent le sol, les vers de terre et préserver l’humus, en créer autant que possible, pour que la canne puisse remplir, son rôle de lutte contre l’érosion donc de fixation des terres.

2- un tapis vert quasi-permanent :

Tous ceux qui savent regarder ont sans doute fait la remarque que peu de temps après la coupe intervenue dans un champ, les premiers bourgeons commencent à sortir du sol et quelques semaines après avec les nouveaux bourgeons la terre commence à être protégée contre l’érosion et peu à peu s’installe un épais tapis vert qui recouvrira la terre jusqu’à la prochaine coupe soit dix à douze mois après. Pendant ce temps un nouveau système racinaire s’est mis en place pour jouer à fond son rôle de lutte contre l’érosion et son rôle nourricier de la plantation.

*La canne à sucre et l’Environnement à La Réunion – Revue bibliographique-Anaïs Courteau – CIRAD – Pôle canne à sucre – 2005 ; j’ai repris nombre d’éléments de l’étude indiquée ci-contre.


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