Canne à sucre

La canne comme base de notre développement à venir

La canne c’est le sucre, mais pas seulement -4-

Georges Gauvin / 14 octobre 2014

La culture de la canne à sucre est en danger à La Réunion. Dans l’intérêt de notre pays, Il faut la sauver. Non seulement pour ce qu’elle représente pour l’histoire de La Réunion, pour notre culture et la défense de notre environnement, mais encore pour ses potentialités qui sont grandes. En effet, la canne, ce n’est pas seulement le sucre industriel et quelques rares « sous-produits », mais ce sont encore des centaines de produits dont la mise en valeur peut constituer une base importante pour notre développement économique à caractère durable. Cette chronique vise à en informer les Réunionnais en vue de sauver notre principale activité agro-économique du pays.- chronique à lire le mardi, jeudi et samedi dans votre journal Témoignages.

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Pour fabriquer du sucre, il faut d’abord couper la canne puis la séparer des déchets hors-canne : les choux, les feuilles et la paille qui embarrassent la canne proprement dite, que cette séparation se fasse au champ, lors du chargement dans les remorques des camions ou des tracteurs, où à l’usine au moment du nettoyage de la tige et de la préparation de la canne au broyage. Il s’ensuit qu’avant l’extraction du jus, la canne a déjà abandonné une partie-considérable ! -de ses produits. Avant qu’on en arrive à l’extraction du sucre, il va falloir encore laisser de côté la bagasse, la mélasse, les vinasses, les boues donc encore des tonnages importants de matière, loin d’être inutiles, comme il sera décliné dans cette chronique et durant les semaines à venir. Pour les personnes intéressées voici un état des produits dans une tonne de cannes :

Dans une tonne de cannes on trouve environ trois cents kilogrammes de bagasse, et soixante-dix pour cent de jus, ou vesou. Le vesou lui-même comprendrait douze à dix-huit pour cent de saccharose, et un peu plus de quatre-vingt pour cent d’eau. Au terme de la fabrication du sucre, et après évaporation de l’eau, il faudra encore compter sur les trente kilogrammes de mélasse composé pour moitié de sucre environ, sur la présence des boues et des vinasses. Les produits que nous allons regarder à la loupe si possible ce sont les déchets hors canne, les sucres eux-mêmes, la bagasse, la mélasse, les vinasses et les boues qui constituent les bases d’industries et d’artisanat intéressantes pour nous à la Réunion comme pour toutes les régions du monde productrices de canne à sucre. Bien entendu, je n’ai pas la prétention d’énumérer les centaines de produits dérivés de la canne, mais d’en citer suffisamment pour que les réunionnais se rangent à mon regard sur la canne, base essentielle de notre développement économique à venir.

Vocabulaire : biomasse pour recharger ma bouteille de gaz ?


Je suppose que, comme moi, vous connaissez la biomasse ? Elle se compose de tous les résidus verts que vous pouvez rencontrer et que vous mettez à fermenter. Cette fermentation constitue le processus de la méthanisation. Le méthane est un composé du carbone et de l’hydrogène. Sa formule étant le CH4 : un atome de carbone et quatre atomes d’hydrogène, il est bien plus léger que le butane ou le propane — deux gaz bien plus dangereux en tant que gaz à effet de serre et extraits du pétrole ou du gaz. Or le méthane, on peut l’obtenir par la méthanisation de la paille de canne verte ou sèche, de la bagasse, des résidus domestiques, tontes de gazon… d’où ma question impérieuse : à quand ma bouteille de gaz rechargée par la méthanisation des résidus de la canne et autres ?


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