Canne à sucre

La canne sous le coup de la menace OGM (suite 3)

La canne c’est le sucre, mais pas seulement -46-

Georges Gauvin / 3 février 2015

Vous avez entendu parler ou vous vous êtes documenté(e) sur de la guerre d’agression américaine au Vietnam : vous vous souvenez j’espère de l’agent orange qui continue aujourd’hui encore à faire supporter au peuple vietnamien ses redoutables effets… Vous connaissez Monsanto, le bienfaiteur de l’humanité ? Dîtes-vous que c’est à la guerre du Vietnam et à son agent orange qu’il doit sa formidable accumulation capitaliste. C’est aussi Monsanto qui est à l’origine des plantes OGM. Je pense que cela vous donne à réfléchir ! Pensez aussi aux paysans irakiens qui ont été arrosés de blé transgénique avec obligation d’oublier leurs semences multi séculaires avec, un surcroît de dépendance de l’agriculture irakienne et le développement de l’agro-business Enfin, pensez aux villages de suicidés en Inde du fait de l’introduction massive du coton OGM… les chefs de famille ne pouvant plus rembourser leurs dettes d’achat de semences et de traitements chimiques ont préféré bien souvent mettre fin à leurs jours. On pourrait encore alourdir la charge, mais je préfère laisser ce soin à Grain [1].

Des milliards de l’agro-business

« En une dizaine d’années seulement, presque toutes les pampas argentines et d’énormes surfaces forestières et agricoles au Brésil, en Bolivie, en Uruguay et au Paraguay ont été transformées en déserts verts de monocultures de soja. Le boom du soja en Amérique latine a été et est toujours un filon miraculeux pour l’agrobusiness. Il a fourni à la poignée de céréaliers géants qui dominent le marché international des oléagineux et du fourrage un terrain bon marché et fertile pour assurer l’expansion et la consolidation de leurs activités dans le monde. Ces mêmes sociétés, Cargill, ADM et Bunge pour ne citer qu’elles, ont aussi fait des milliards de profits avec les ventes d’engrais chimiques devenus indispensables. D’autres grandes entreprises étrangères, telles qu’ AGCO et John Deere, ont profité des ventes de tracteurs. Monsanto et Sygenta, quant à eux, ont engrangé des bénéfices records avec leurs semences génétiquement modifiées et leurs pesticides chimiques. »

La ruine des petits agriculteurs

« L’invasion du soja s’appuie sur un modèle de production axé sur l’utilisation de semences génétiquement modifiées qui permettent de tolérer d’énormes doses d’herbicides chimiques. C’est Monsanto qui a fourni à la fois les semences et les herbicides, tandis qu’une nouvelle génération d’exploitations agricoles, dirigées principalement par des hommes d’affaires vivant dans les villes, louait ou s’emparait de vastes zones agricoles et y organisait le travail. À chaque fois que ce modèle a été déployé, il a forcé les petits paysans à partir et les communautés locales ont été dévastées par l’exode rural et la contamination chimique. »
La canne et le sucre sont d’ores et déjà en ligne de mire de l’agro-business : l’agriculture dirigée des villes par des gens, multi millionnaires sinon milliardaires qui n’ont rien à voir avec la campagne.

(à suivre)

[1GRAIN est une petite organisation internationale qui soutient la lutte des paysans et des mouvements sociaux pour renforcer le contrôle des communautés sur des systèmes alimentaires fondés sur la biodiversité



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  • Les agriculteurs indiens qui cultivent du cotonnier OGM dit Bt ne se ruinent pas avec l’achat des semences de cotonnier OGM puisque, bien au contraire, ils peuvent ainsi supprimer des passages d’ insecticides chimiques de synthèse pour lutter contre certains insectes. L’auteur de l’article confond sans doute les OGM tolérants aux herbicides et les OGM résistants aux insectes sans avoir besoin d’insecticide chimique. Si près de 90 % de la culture de cotonnier est OGM, c’est bien parce que les agriculteurs indiens, des petites exploitations, y gagnent en revenu. Autre avantage : en supprimant des traitements insecticides chimiques grace au cotonnier OGM ils améliorent aussi leur santé.Les paysans du Burkina Fasso l’ont bien compris, eux qui se tournent massivement vers le coton OGM.
    Quant aux suicides des paysans indiens, il ne faut pas les nier. Mais d’une part il y a en proportion moins de suicides chez les paysans indiens que chez les paysans français. D’autre part alors que la culture du cotonnier Bt a connu une croissance très élevée, le nombre de suicides des paysans indiens n’a pas augmenté ( Cf étude revue Nature).Donc les indiens ne se suicident pas à cause des OGM mais parce qu’ils ne peuvent pas trouver du crédit aupres d’une banque agricole ( Ca n’existe pas en Inde) et paient ainsi des taux d’intérêt exhorbitants aupres de prêteurs sans morale.

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