Canne à sucre

La CGPER pour une convention-canne d’au moins 5 ans

Fin des quotas sucriers : pour un engagement ferme de Manuel Valls avant sa visite dans l’île

Témoignages.re / 12 avril 2015

Dans un courrier adressé le 10 avril au Premier ministre, la CGPER demande au chef du gouvernement de renouveler l’engagement pris par François Hollande le 21 août dernier. La CGPER dit que la demande d’autoriser le versement d’une subvention complémentaire de 38 millions d’euros après 2017 a bien été transmise à l’Union européenne. En conséquence, elle attend une réponse favorable avant le début de la coupe dans deux mois et demi. Cela permettrait d’obtenir la signature d’une Convention-canne d’au moins 5 ans.

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A l’occasion de votre prochaine visite dans l’île, notre syndicat souhaite attirer votre attention sur le dossier de l’aide complémentaire de 38 millions d’euros promise l’année dernière par le Président de la République à la filière canne-sucre-rhum-énergie.

Aujourd’hui, nous sommes soucieux de l’avenir des 3 500 planteurs de l’île. Les 18 300 personnes qui vivent directement ou indirectement de la filière sont toujours inquiètes de leur avenir, de l’avenir de la filière et de l’avenir de leur famille. En effet, le nouveau règlement européen supprime les quotas sucriers et les prix garantis après octobre 2017.

Sans mesures compensatoires après cette date, cette décision entérinée par l’Europe impactera fortement la filière qui serait alors soumise aux seules lois du libéralisme et de la concurrence internationale.

Tous les acteurs du monde agricole craignent que cette réforme de la Politique Agricole Commune ne remette en cause la filière canne-sucre-rhum-énergie, déjà pilier économique de l’agriculture réunionnaise et support de la diversification animale et végétale.
Comme nous l’avons souvent rappelé, il n’y a pas d’autres perspectives de production en substitution à la canne à sucre sur un marché étroit et un territoire aux handicaps structurels reconnus par l’Europe. La canne demeure notre culture principale, notre identité et notre patrimoine historique qu’il faudra à tout prix sauvegarder.
La perspective d’un désastre économique et social n’est pas non plus réjouissante pour les 23 000 personnes qui vivent aujourd’hui de l’agriculture dans notre île, déjà bien éprouvée par un taux de chômage important.

Des efforts ont été faits pour augmenter la productivité et les multiples potentialités de développement de la canne à sucre. Nous savons cependant que dans un contexte d’augmentation constante du prix de revient de la tonne de canne, les planteurs ne pourront pas faire face à une diminution brutale de leur prix d’achat.

Aussi, notre syndicat souhaite avant votre visite dans l’île, que vous renouveliez auprès de tous les acteurs de la filière, l’engagement du Président de la République pour sauvegarder et consolider la filière canne réunionnaise au-delà de 2017.

Sept mois après l’annonce du Président, le dossier de demande d’autorisation à Bruxelles pour verser les 38 millions d’euros supplémentaires d’aide nationale a bien été réalisée et sera transmis dans les temps afin d’obtenir une réponse positive. Nous sommes à deux mois et demi du début de la campagne sucrière. Cette réponse devrait arriver avant l’ouverture des négociations pour la prochaine convention canne. Nous souhaitons une convention signée pour une durée minimum de 5 ans afin de permettre aux planteurs d’investir et de replanter.

Tous les planteurs de canne espèrent à nouveau un signal fort de l’Etat pour leur permettre de continuer à exercer sereinement leur activité et vivre dignement de leur production sur le long terme. Ils attendent avec impatience votre soutien et engagement à l’occasion de votre visite dans l’île.

Nous vous prions de bien vouloir agréer Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre haute considération.


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