Canne à sucre

La Chambre d’agriculture dénonce l’arrogance de Tereos : La Réunion n’est pas « un pays conquis »

Discussions pour un meilleur partage des richesses de la canne à sucre

Témoignages.re / 19 mars 2011

Dans un communiqué diffusé hier, la Chambre verte répond à la conférence de presse de la veille de Tereos. L’usinier refuse de discuter sur la part du planteur dans la valorisation de la mélasse. La Chambre d’agriculture affirme que les planteurs doivent bénéficier équitablement des richesses issues de l’alcool tiré de la canne qu’ils produisent. La Chambre d’agriculture constate par ailleurs que jamais dans l’Histoire de la filière, les planteurs n’ont dû faire face à un tel refus de négocier. Voici ce communiqué :

L’article 24 de la convention canne prévoit qu’en 2011 (…) les parties signataires conviennent de dresser conjointement un état des lieux de la présente convention à mi-parcours et le cas échéant à tirer toutes les conséquences de situations nouvelles pour l’élaboration de la présente convention.

Ce travail a déjà commencé avec l’État et c’est dans cette optique que les planteurs font des propositions compte tenu des éléments nouveaux portés à leur connaissance :

La connaissance par les planteurs d’un taux d’accise réduit qui permet aux industriels d’écouler leur rhum à des prix très attractifs uniquement pour l’alcool produit à partir de la mélasse locale (fournie par les planteurs). Cela représente un avantage fiscal potentiel de 37 millions d’euros justifié par la nécessité de maintenir de la filière canne-sucre-rhum compte tenu de son importance économique, sociale et l’impact positif de la culture de la canne pour la préservation de l’environnement dans les départements d’Outre-mer.

C’est ce travail d’amont réalisé par les planteurs de canne qui donne toute sa dimension économique, sociale et environnementale reconnue par l’État et l’Europe (voir paragraphe ci-dessus) et non les 3 distilleries.

Il est donc légitime que les planteurs bénéficient d’une partie de cet avantage d’autant que I’État oblige que cet alcool soit produit avec de la mélasse locale. Afin de débattre de ce dossier, une rencontre de 2 heures a eu lieu à la Chambre d’agriculture le mercredi 16 mars 2011 entre représentants planteurs et Tereos. Cette réunion s’est tenue dans un contexte houleux où les représentants planteurs ont préféré de mettre un terme face à l’attitude arrogante de Tereos qui croit être dans un pays conquis refusant le débat. Il s’agit d’une dérive malsaine dans le débat interprofessionnel de la canne.

Dans l’Histoire de la filière canne, la position des planteurs et usiniers peuvent converger ou diverger mais c’est la première fois que nous sommes confrontés à des dirigeants qui ne veulent rien comprendre. D’autant que ces personnes ont une lecture totalement erronée de la convention canne car à aucun moment l’article 8 de la convention est remis en cause.


Kanalreunion.com