Canne à sucre

La Chambre d’Agriculture : ne pas pénaliser les planteurs

Incendie à Bois-Rouge, l’usine refuse de recevoir les cannes

Manuel Marchal / 1er septembre 2009

Suite à l’incendie d’une partie de la centrale thermique de Bois-Rouge dimanche soir ayant pour conséquence l’arrêt total de la réception de canne sur l’ensemble des plates-formes du Nord-Est, la Chambre d’Agriculture demande, dans un communiqué diffusé hier sous la signature de son président Jean-Yves Minatchy, « que toutes les dispositions soient prises dans les meilleurs délais afin de ne pas pénaliser durablement les planteurs de cette région ».

Cet incendie survient après une période de pluies discontinue au début du mois d’août perturbant de fait la livraison des cannes, notamment pour les planteurs des Hauts, ainsi qu’une diminution sensible de la richesse des cannes, explique la Chambre d’agriculture.
« Avec une prévision de campagne de 1,9 million de tonnes de cannes, cette année, les planteurs doivent impérativement livrer leurs récoltes pour ne pas prendre le risque de laisser des cannes au champ au mois de décembre », précise Jean-Yves Minatchy, « ce sont quelques 1.400 planteurs des régions de Sainte-Rose à Saint-Paul qui sont victimes de cette incendie pour un tonnage journalier de 8.000 tonnes de cannes ».
« Nous sommes actuellement dans une période favorable pour la récolte de la canne et la Chambre d’Agriculture demande que tous les moyens soient mis en œuvre pour ne pas retarder l’avancement de la coupe », conclut Jean-Yves Minatchy.


Les planteurs de la CMU de Stella-Savanna

Transférer les cannes livrées à Savanna à l’usine du Gol

Hier, les membres de la Commission mixte d’usine Stella-Savanna représentant les planteurs ont demandé le transfert des cannes livrées à Savanna sur l’usine du Gol afin de ne pas pénaliser les planteurs de l’Ouest qui livrent pour Bois-Rouge.

« Suite à l’incendie à la centrale thermique de l’usine de Bois-Rouge, les membres de la Commission mixte d’usines Stella-Savanna représentant les planteurs demandent aux industriels que le nécessaire soit fait pour que la balance de Savanna ne soit pas pénalisée suite à cet incident et que les cannes de Savanna soient transférées, en attendant le retour à la normale, à l’usine du Gol.
Du fait que les planteurs de Savanna commencent toujours à livrer leurs cannes une semaine après l’ouverture de l’usine de Bois-Rouge, ces mêmes planteurs se retrouvent dans le besoin. Sachant que dans cette région de l’île, leur trésorerie est fragile à cause de l’étroitesse des exploitations et du manque d’eau pour la majorité, et également dans un souci de préparer la prochaine campagne. »


Un remake de 2007 ?

Comme au début de la campagne 2007, lorsque la mise en service de nouveaux équipements par l’usinier avait considérablement perturbé les livraisons de cannes, le planteur est de nouveau confronté à la fermeture de l’usine du fait d’un incident dont il n’est en rien responsable. Cette fois-ci, c’est une panne survenue dans la centrale thermique qui est à l’origine du blocage. Que demande alors l’usinier ? Il dit aux planteurs de ne plus livrer, et refuse d’ailleurs toute livraison. Pendant ce temps, des planteurs doivent attendre, et la canne qui devait être livrée au maximum de sa richesse devra donc patienter.
Tout retard signifie donc une perte pour le planteur, mais un gain pour l’usinier qui paiera la canne moins cher. Le fait que le sucre ne soit qu’un produit parmi d’autres lui permet de rattraper les pertes de richesses par des gains plus importants sur les autres produits (alcool, augmentation de la part des sucres spéciaux…). Cela amène à réfléchir sur les moyens à mettre en œuvre pour faire face à ce type de situation. Puisque ce type d’incident a déjà eu lieu, car plusieurs fois par an, une usine tombe en panne, pourquoi l’usinier n’anticipe-t-il pas cela en augmentant sa capacité de stockage de la canne avant traitement. Ainsi, les planteurs pourraient continuer à livrer selon le planning prévu même si l’usine ne fonctionnait pas.
Mais comme l’indique la situation au Gol, c’est le contraire que choisit de faire l’usinier : il diminue la surface de réception, et donc augmente la tension chez les planteurs.
Résultat, l’usine peut rester fermée un jour, deux, voire une semaine, c’est le planteur qui est le seul à payer les pots cassés sans possibilité de se rattraper sur la valorisation d’autres produits. D’autant plus qu’il n’a aucun pouvoir de décision sur l’outil industriel et la stratégie choisie pour mettre en valeur la matière première qu’il produit.

 M.M. 


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