Canne à sucre

La convention est signée, l’incertitude s’aggrave

Une question qui pèsera sur le plan de développement 2016-2036

Témoignages.re / 15 juin 2015

Le document signé jeudi par le Premier ministre ne règle pas l’essentiel : quel sera le prix de la canne à partir de 2017, quand le quota sucrier sera supprimé ?

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Signature de la Convention canne par le Premier ministre, le 11 juin dernier.

Paul Vergès constate un « grand tapage » autour de la Convention canne-sucre. Il note que la hausse de la prime bagasse rattrape un retard. Sur le prix pour 2015-2021 ? Pas un mot, car les fameux 38 millions promis par François Hollande à Bois-Rouge ne sont pas là, déclare le sénateur, tout simplement parce que la demande d’autorisation d’augmentation de la subvention n’a toujours pas été déposée à Bruxelles. Il ajoute que la demande de suppression des quotas ne date pas d’hier, elle a été prise par le conseil européen dans lequel siège la France, pourquoi ne pas avoir pris les mesures à l’époque ?
« On s’interroge sur ce retard : involontaire ou voulu ? », interroge Paul Vergès. Au mieux, il faudra attendre la fin de l’année 2015 pour la réponse.
Le sénateur rappelle l’objet de la demande : amener des crédits pour que le sucre de La Réunion puisse être en possibilité d’être concurrentiel après la fin des quotas.
Le problème de fond est à partir de 2017. L’Europe est-elle prête à donner l’autorisation à la France de verser chaque année une aide de 128 millions ? « La vérité doit être dite aux planteurs, ouvriers, transporteurs, dockers, pourquoi les élus cachent-ils ce problème ? »

Va-t-on faire le coup du géranium quand le ministre Pisani a donné une légion d’honneur au responsable de la coopérative du Tampon, félicité les Tamponnais… « trois ans après, tout le monde était ruiné », rappelle Paul Vergès.
Pour le sénateur, on saura dans six mois si l’Union européenne et France vont soutenir la filière canne par des crédits ou elle est morte. Si la filière canne-sucre disparaît, ce sera la plus grave crise de La Réunion.

« Pourquoi aucun élu n’a soulevé le problème ? », dit Paul Vergès qui l’a posé au dîner républicain. La demande de réunir les assemblées du Conseil départemental et de la Région avant la visite de Manuel Valls n’a pas été concrétisée. « Ils ont voté des motions mais ne les ont pas appliquées ».
Autrement dit, la convention est signée, mais l’incertitude s’aggrave.


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