Canne à sucre

La filière canne-sucre pourra-t-elle obtenir plus que les éleveurs ?

500 millions de fonds européens pour les éleveurs victimes de la crise

Témoignages.re / 8 septembre 2015

La Commission européenne a accordé hier une aide exceptionnelle de 500 millions d’euros aux éleveurs de l’Union européenne touchés par les conséquences de la fin des quotas. Cela vise en particulier les producteurs de lait. Pour compenser la fin des quotas et du prix garanti du sucre dans deux ans, la filière canne demande 128 millions d’euros par an.

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Hier se tenait à Bruxelles un Conseil des ministres européens de l’Agriculture. C’est lors de cette réunion que la cause des éleveurs devait être abordée. Ces derniers ont organisé une manifestation internationale à Bruxelles. La fin des quotas et la baisse des prix aux producteurs qu’elle a entraîné place les paysans de plusieurs pays dans de grandes difficultés. Sollicité par le Parti communiste réunionnais pour saisir l’opportunité de ce conseil pour plaider la cause de la filière canne-sucre de La Réunion, le ministre français de l’Agriculture n’a semble-t-il pas donné une suite favorable. Le communiqué diffusé par la Commission européenne n’évoque pas cette question. Il donne des précisions sur une aide d’urgence et conjoncturelle versée à tous les éleveurs de l’Union européenne en grande difficulté. Cela ne concerne donc pas uniquement les 700.000 emplois directs et indirects de l’élevage en France, mais les 28 pays de l’Union européenne y compris des géants tels que l’Allemagne.

Aide immédiate et exceptionnelle

Le vice-président Katainen a fait la déclaration suivante. « Ce paquet autorisera l’utilisation immédiate de 500 millions d’euros de fonds européens au profit des agriculteurs. C’est une réponse solide et décisive. Cette réponse montre que la Commission prend très sérieusement ses responsabilités vis-à-vis des agriculteurs ».
La part la plus significative de cette enveloppe sera répartie entre tous les États-membres, précise le communiqué de la Commission européenne. Les États seraient donc chargés de la gestion de ces aides.
Selon le Monde, ces 500 millions d’euros proviendrait d’une ligne de crédit financée par les amendes payées par les éleveurs qui ont dépassé leur quota. Cette somme devait aller dans le budget général de l’Union.
La décision prise par la Commission européenne à la suite du Conseil des ministres de l’Agriculture est instructive pour l’avenir de la filière canne-sucre à La Réunion. C’est une aide exceptionnelle de 500 millions d’euros pour les éleveurs de 28 pays européens. Elle va apporter une bouffée d’oxygène à plusieurs millions de personnes travaillant dans le secteur de l’élevage. Le communiqué n’annonce pas que l’Union européenne revient sur la fin des quotas. C’est pourtant l’abandon de ces limites de production qui sont à la base de la crise actuelle.

Aide permanente pour la filière canne-sucre ?

Ces chiffres sont à comparer avec ce qui est demandé par les planteurs et les industriels pour préserver la filière canne-sucre outre-mer. Pour sauver ces emplois, dont près de 20.000 à La Réunion, la filière demande qu’à compter de 2017, l’Union européenne autorise la France à verser 128 millions d’euros par an de subvention tous les ans à compter de 2017. Cette aide ne sera pas conjoncturelle. Elle visera à compenser le coût de production plus élevé du sucre de canne transformé en sucre blanc vis-à-vis du sucre de betterave, lorsque les quotas sucriers et le prix garanti auront disparu. C’est très différent de ce que la Commission européenne a accordé aux éleveurs de toute l’Europe à la suite d’un Conseil des ministres extraordinaire des 28 membres de l’Union européenne.
Dans deux ans, les filières canne-sucre de La Réunion, de Martinique et de Guadeloupe arriveront-elles à obtenir beaucoup plus que ce qui vient d’être accordé aux éleveurs européens qui manifestent depuis plusieurs mois ?


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