Canne à sucre

Le rôle de la canne dans l’élevage du bétail

La canne c’est le sucre, mais pas seulement -5-

Georges Gauvin / 16 octobre 2014

La culture de la canne à sucre est en danger à La Réunion. Dans l’intérêt de notre pays, Il faut la sauver. Non seulement pour ce qu’elle représente pour l’histoire de La Réunion, pour notre culture et la défense de notre environnement, mais encore pour ses potentialités qui sont grandes. En effet, la canne, ce n’est pas seulement le sucre industriel et quelques rares « sous-produits », mais ce sont encore des centaines de produits dont la mise en valeur peut constituer une base importante pour notre développement économique à caractère durable. Cette chronique vise à en informer les Réunionnais en vue de sauver notre principale activité agro-économique du pays.- chronique à lire le mardi, jeudi et samedi dans votre journal Témoignages.

Je ne sais pas si les anciens ont encore présentes à l’esprit les scènes familières de leur enfance. Ici, le bon bœuf qui tire la charrette, Lafleur ou Rouget engloutit les têtes de cannes. Là la chèvre secoue avec énergie les paquets de feuilles attachés au-dessus de sa tête avec de la corde d’aloès. Dans son enclos, le cochon mastique avec application les bouts de cannes et laissent les débris jaune clair complètement vidés de leur jus. Les poules grattent avec leurs pattes les amoncellements de débris végétaux. Le coq défie le canard et Papangue trace dans le ciel des cercles concentriques au dessus des poulaillers. Même les lapins ont leur part de feuilles à ronger... Ce mode d’alimentation du bétail a un peu laissé place à un autre considéré comme plus moderne donc plus coûteux bien entendu et faisant appel à des intrants d’importation donc tournant le dos au développement durable.

Pourtant la canne sous de nombreuses formes a encore un rôle bien utile à tenir et la qualité du fourrage est incontestable… La première qualité non négligeable : leur lieu de production, sur place ou à proximité dans les usines sucrières, ce qui permet de réduire les gaz à effet de serre du fait de la réduction au maximum du transport. A ne pas négliger non plus les économies que pourraient faire les éleveurs au lieu de tout acheter en terme d’intrants d’importation pour leur activité. Par ailleurs la nourriture pour animaux provenant de la canne est d’une grande variété : les têtes de cannes encore appelées amarres, les jus de canne, les pailles vertes ou sèches, la mélasse et la bagasse.

Certaines de ces nourritures riches en fibres conviennent bien aux ruminants comme le bœuf, la chèvre, les moutons et autres animaux à l’estomac complexe composé de plusieurs poches qui, d’une manière générale, utilisent à profit tous les aliments issus de la canne. Les animaux mono-gastriques comme le porc, le lapin, ou les volailles, se satisfont mieux des aliments pauvres en fibres comme les jus ou la mélasse. Un autre avantage, c’est pendant la saison sèche, en principe pauvre en fourrages que la canne est au maximum de sa richesse fourragère alors que les autres plantes fourragères ont tendance à s’appauvrir en quantité et peut-être aussi en qualité

(à suivre)

Vocabulaire : les choux de canne


On les appelle aussi les têtes de cannes ou les amarres (peut-être parce qu’on les attache -on les amarre - en paquets pour le transport sur tête) qui constituent un de principaux coproduits de la coupe de cannes. Elle se compose de trois parties : la tige immature pauvre en sucre, la plus appréciée des animaux, les feuilles sèches et les feuilles vertes. Ce fourrage peut être conservé en ensilage, à l’abri de l’air après aspersion d’une petite fraction de mélasse diluée dans l’eau… précision pour le cas où cela intéresserait nos lecteurs dans leur désir d’entreprendre. On pourrait aussi parler des achards de choux de canne avec mélange de légumes pour les familles, les restaurants ; et les artisans qui désireraient diversifier leur production.


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