Canne à sucre

Les agro-plastiques

La canne c’est le sucre, mais pas seulement -13-

Georges Gauvin / 13 novembre 2014

Le plastique est présent un peu partout. Il sert aussi bien à la fabrication des sacs d’emballage, qu’à celle des bouteilles de plastique. La vaisselle en plastique, çà existe, aussi bien que des pièces de carrosserie, les jouets, des maisons que l’on peut fabriquer en un temps record grâce à des imprimantes trois D… On s’imagine mal se passer aujourd’hui du plastique. Mais le plastique vient-il du pétrole ? Pas seulement ! Il peut aussi provenir des végétaux et dans ce domaine la canne à sucre est une matière première de choix.

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Une partie de la bouteille de cette marque d’eau minérale vient de plastique d’origine végétale. La bagasse peut être une matière première de ce produit.

Exemple : La bouteille en bio-plastique

Recyclable, elle permet de réduire de 75% les émissions de gaz à effet de serre lors de sa production, la bouteille en bio-plastique, à base de canne à sucre, a le vent en poupe.
Ecover, pionnier depuis plus 30 ans sur les produits écologiques d’entretien et lessives, a opté depuis plusieurs années pour des bouteilles 100% polyéthylène (PE) à base de canne à sucre pour la quasi-totalité de sa gamme. Cela représentait en 2011, 20 millions de bouteilles par an soit près de 1.000 tonnes de bio-plastique aux qualités identiques au plastique traditionnel à base de pétrole. Depuis cette date, les volumes produits ont augmenté de façon massive.
Le géant américain Procter and Gamble inclut depuis 2010 une part de ce PE vert dans le plastique des bouteilles de shampoing d’une de ses marques. Idem pour le groupe français Danone, dont la bouteille de Volvic est fabriquée avec 30% de cette composante végétale.
« Avant, avec le plastique à base de pétrole, la fabrication de notre bouteille de 500 ml se traduisait par l’émission de 95 g de CO2, avec la nouvelle ces émissions sont réduites à 28 g par bouteille », indique Mick Bremans, PDG d’Ecover.
Le bilan carbone de ce matériau naturel non fossile est avantageux dès la coupe de la canne à sucre, qui a déjà absorbé du CO2 durant sa croissance – 60 tonnes par hectare de canne cultivé.
Certes cet agro-plastique coûte plus cher que le plastique à base de pétrole, toutefois cet argument est dépassé aujourd’hui et le réchauffement climatique a pris une telle ampleur que l’argutie du prix semble de bien peu de valeur.
Ces expérimentations ont donné des produits, elles ont également ouvert la voie à d’autres avancées. En France, des entreprises commercialisent depuis plusieurs années de la vaisselle jetable fabriquée à partir de la bagasse. À la différence des assiettes en plastiques fabriquées à partir du pétrole, celles issues de la canne à sucre sont « biodégradables » – on dira recyclables à 100%, car si elles ne sont que sécables en fines particules, sauf recyclage systématique, elles présentent un caractère dangereux pour l’environnement. Certaines villes se sont équipées de bacs à ordure et de bacs à fleurs en agro-plastiques. Avec les progrès réalisés dans le domaine des agro-plastiques, cette fois-ci, on amorce un changement d’échelle. Les industries du plastique pensent sérieusement à changer de matière première.

Vocabulaire : « biodégradable »


Qu’est-ce que du plastique bio – dégradable ? Cela veut dire qu’il peut-être détruit par des micro-organismes(bactéries ou champignons)dans l’eau,, le dioxyde de carbone, et certains bio – matériaux. On notera que les plastiques issus de la transformation de la bio – masse ne sont pas forcément bio – dégradables et qu’à contrario certains plastiques issus du pétrole peuvent être considérés comme bio – dégradables. La biodégradabilité résulterait plutôt de la technique d’assemblage des molécules d’éthylène (molécules d’éthylène issus de la biomasse et ceux issus du pétrole sont quasiment identiques hors la trace de carbone 14)… A ce sujet nos lecteurs peuvent se reporter utilement à leurs sites habituels de documentation.


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