Canne à sucre

Les planteurs continuent la lutte pour un juste prix de la canne à sucre

Après la réunion avec les industriels et l’État hier à la Direction de l’agriculture et de la forêt

Manuel Marchal / 2 juin 2017

Les planteurs, les industriels et l’État ont discuté hier de l’avenir de la Convention canne lors d’une réunion du CPCS à la Direction de l’Agriculture et de la Forêt. Au terme de cette rencontre, l’industriel Tereos a fait une première concession bien insuffisante : une hausse de 50 centimes par tonne du prix de la canne tirée de l’écart technique. C’est bien loin de contenter les planteurs qui continuent leur combat. Ils revendiquent une hausse de 6 euros par tonne du prix de la canne à sucre, pour faire évoluer un prix qui n’a pas bougé depuis plus de 20 ans. La lettre de Gélita Hoarau au ministre de l’Agriculture a élargi à la France et aux Antilles les soutiens dans cette bataille.

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Des planteurs de la CGPER rassemblés devant les grilles de la DAF.

Le début de la semaine a été marqué par plusieurs mobilisations des planteurs. Lundi, la CGPER a remis une motion à la préfecture. Lundi et mardi, des planteurs de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs ont bloqué les usines Tereos de Bois-Rouge et du Gol, ainsi que le siège social de la filiale réunionnaise de cette coopérative de planteurs de betteraves. Ces actions avaient permis d’inscrire deux points à l’ordre du jour des négociations d’hier : la transparence des comptes de Tereos Océan Indien et la discussion du prix de la canne.

La négociation devait reprendre hier à la Direction de l’Agriculture et de la Forêt. Une forte délégation de planteurs de la CGPER était présente devant les grilles hier après-midi, tandis que trois fourgons de police barraient les entrées.

Résultat décevant

À 14 heures 30, les représentants de la CGPER, de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs ainsi que Jean-Bernard Gonthier, président de la Chambre d’agriculture, sont entrés dans la salle de discussion, où ils ont rejoints les représentants de l’État et de Tereos qui étaient déjà arrivés.

Au bout de deux heures de discussion, les représentants des planteurs sont sortis déçus. Devant des militants attentifs et motivés, Jules Houpirpanin, porte-parole de la CGPER, a fait un compte-rendu. Il a annoncé que la seule concession arrachée pour le moment est une hausse de 50 centimes du prix de la canne. Cette somme est prélevée sur l’écart technique. Quant au prix de référence de la canne à sucre, la discussion est prévue lors du prochain CPCS mardi prochain à la même heure et au même endroit. Sur la transparence des comptes de Tereos, les réponses apportées par les représentants de l’industriel sont loin d’être satisfaisantes.

En effet, le prix de base de la canne à sucre payé par l’industriel au planteur est de 39,09 euros par tonne. Ce prix n’a pas changé depuis plus de 20 ans. Les syndicats demandent unanimement une hausse de 6 euros par tonne, soit la somme de 45 euros.

La lutte dépasse La Réunion

Autant dire que la mobilisation continue et s’amplifie. En effet, à la suite de la lettre ouverte de Gélita Hoarau au ministre de l’Agriculture, les planteurs sont soutenus par la Confédération paysanne ainsi que par l’UFG de Guadeloupe et l’OPAM de Martinique. La bataille des planteurs de La Réunion dépasse donc les frontières de notre île car leurs camarades des Antilles vont eux aussi prochainement entrer en négociation pour le prix de la canne.

M.M.


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