Canne à sucre

Les planteurs de cannes pénalisés par les pannes de l’usine et la sécheresse

Déjà 68.000 tonnes de retard dans le Nord et l’Est

Manuel Marchal / 2 septembre 2013

Après avoir sonné l’alerte à cause de la sécheresse dans les Hauts de l’Ouest, la CGPER est intervenue hier pour appeler à la solidarité avec les planteurs du Nord et de l’Est. Les pannes à répétition de l’usine de Bois-Rouge et les conditions climatiques sont à l’origine de pertes déjà irréparables.



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Malgré tous ses efforts, un coupeur de canne doit baisser la cadence en été. Le retard pris en début de campagne ne pourra pas être rattrapé.

Hier à la Confiance dans les Hauts de Saint-Benoît, la CGPER a rencontré la presse chez un planteur, en présence de plusieurs dizaines de paysans. Tout comme dans les Hauts de l’Ouest, la situation est grave dans le Nord et l’Est. Si dans l’Ouest, c’est la sécheresse qui est à l’origine des pertes, dans la région au vent, ce n’est pas la seule difficulté.

Jean-Yves Minatchy, président de la CGPER, attire l’attention de l’opinion sur la répétition des pannes à l’usine sucrière de Bois-Rouge. Depuis le début de la campagne sucrière, les moulins se sont arrêtés au mois six fois. À chaque interruption, les planteurs ne peuvent pas livrer. Ils doivent attendre que l’usine redémarre pour pouvoir enfin vendre leurs cannes. Mais l’attente fait baisser la richesse.

Jean-Yves Minatchy estime que la perte de temps cumulée s’élève à une semaine. À cela s’ajoute le retard pris dès le démarrage de la campagne. Le président du syndicat rappelle que du fait de la grève au port, des pièces sont arrivées deux semaines plus tard que prévu, ce qui a décalé la campagne d’autant. Si l’usine avait fonctionné comme prévu, il était possible de limiter les dégâts, mais l’accumulation des problèmes a créé des dégâts irréparables.

Depuis le mois d’avril, la pluie manque. La sécheresse favorise les incendies, et pour les planteurs qui ont vu leur canne brûler, la sanction est dramatique : des richesses à 7 ou 8 alors qu’il faut atteindre 13,8 pour espérer 39,09 euros par tonne de la part de l’usinier.

Quant à la quantité livrée, c’est la dégringolade.

Jean-Yves Minatchy rappelle qu’à pareille époque, l’usine de Bois-Rouge avait brassé 352.000 tonnes de cannes contre 284.000 tonnes aujourd’hui. C’est un déficit de 68.000 tonnes.

« Campagne médiocre »

« Cette année la campagne sera médiocre » , constate le président de la CGPER. Car ce retard ne pourra être rattrapé. Dans trois semaines au plus tard, ce sera l’été. Et à partir de ce moment, la chaleur va faire baisser le rendement des coupeurs de cannes. Alors qu’en hiver, un travailleur peut couper 5 tonnes par jour, en été la cadence baisse de 25 à 30%.

C’est pourquoi les planteurs demandent tout d’abord que le fonctionnement de l’usine ne soit plus émaillé de pannes. Ensuite, ils estiment avoir droit à une indemnisation pour compenser ce qui est perdu. Sur les conditions de cette aide, la CGPER plaide pour une prise en compte uniquement de l’année précédente, et pas des trois dernières années. En trois ans, le coup des intrants et de la production a beaucoup augmenté, précise le syndicaliste.

Jean-Yves Minatchy lance aussi un appel aux parlementaires. « La semaine dernière, nous avons envoyé un courrier pour demander le versement des indemnités du cyclone Dumile, car 7 mois après, les maraîchers n’ont toujours rien eu » , dit en substance Jean-Yves Minatchy. La CGPER attend donc que les intérêts des planteurs de canne de La Réunion soient défendus au plus haut point.

M.M.


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