Canne à sucre

Maurice a sauvé sa filière canne-sucre. Et La Réunion ?

Partenariat de Maurice avec Cristal Union (France) et British Sugar (Grande-Bretagne) : la garantie de vendre au moins 230.000 tonnes de sucre par an en Europe

Manuel Marchal / 26 janvier 2015

En annonçant coup sur coup la signature de deux accords commerciaux avec deux groupes européens, les producteurs de sucre de Maurice ont obtenu l’assurance de vendre plus de la moitié de leur production en Europe. Il leur reste encore plus de 170.000 tonnes à placer dans le monde. Ces accords permettent à la filière canne-sucre de Maurice d’avoir la garantie de vendre au-delà de 2017.

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L’avenir du sucre de Maurice est assuré après 2017. Mais qui achètera le sucre réunionnais après 2017 ?

Depuis 2008, le Syndicat des sucres de Maurice était partenaire de Südzucker, premier fabricant mondial de sucre. Chaque année, Maurice avait l’assurance de vendre environ 300.000 tonnes de sucre, soit 80 % de sa production, en sucre blanc. Le reste, des sucres spéciaux, étaient vendus en Europe, aux États-Unis et sur le marché mondial. Environ 25.000 tonnes sont quant à elles disponibles pour la consommation locale.

C’était la solution mauricienne à la fin du Protocole sucre en 2009. Le Protocole sucre garantissait un quota et un prix garanti pour le sucre mauricien en Europe. Depuis 6 ans, nos voisins ont donc réussi à maintenir leur production. Ils ont tiré parti de la réforme sucrière européenne qui a baissé le quota de Südzucker. Pour garder ses positions commerciales en Europe, Südzucker a donc compensé en achetant à Maurice du sucre blanc. Cet accord s’est traduit par la construction de raffineries à Maurice. Les Mauriciens sont donc capables de produire chaque année plus de 300.000 tonnes de sucre blanc.

La fin des quotas sucriers en Europe en 2017 change tout. Südzucker, comme ses concurrents, peut produire sans limite. Le contrat avec Maurice prend fin cette année au mois de septembre. 2014 était donc la dernière campagne sous ce régime.
Mais pour Maurice, l’échéance 2017 ne signifiera pas la fin de l’industrie sucrière.
En effet, le 19 janvier, c’est Cristal Union qui a signé un contrat. Tous les ans, cette coopérative de planteurs de betteraves français achètera à Maurice 130.000 tonnes de sucre blanc et roux.

Et ce n’est pas tout, car le 24 janvier c’est au tour de British Sugar de signer un autre accord pour l’achat de 100.000 tonnes de sucre par an à Maurice.
Grâce à ces deux signatures, Maurice a déjà réussi à garantir la vente d’une quantité supérieure à la production réunionnaise. Cela signifie aussi que Cristal Union n’aura pas besoin du sucre réunionnais après 2017, ni British Sugar.

L’annonce de la signature de Cristal Union avec les Mauriciens avait jeté un froid dans les conversations en marge de la visite de George Pau-Langevin à Sainte-Anne. Celle de British Sugar n’incite pas non plus à l’optimisme.

La question reste donc posée : qui achètera le sucre de La Réunion après 2017 ?

Objectif : au moins 365.000 tonnes exportées vers l’Europe


Dans son dernier rapport annuel, le Syndicat des sucres de Maurice prévoit une production de 415.000 tonnes de sucre.
Sur ce volume, les Mauriciens prévoient d’exporter 365.000 tonnes vers l’Europe, un tonnage en baisse par rapport aux 402.000 tonnes vendues aux Européens sur la récolte 2013. 295.000 tonnes sous forme de sucre blanc seront achetés par Südzucker, et 70.000 tonnes de sucres spéciaux.
8.000 tonnes de sucres spéciaux devraient être exportées vers les États-Unis.
50.000 tonnes seront commercialisées sur le marché mondial, dont 20.000 tonnes de sucres spéciaux, et 30.000 de sucre blanc raffiné.
Enfin, 25.000 tonnes de sucre sont destinées à la consommation des Mauriciens.
Le Syndicat des sucres prévoit un surplus de 33.000 tonnes.


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