Canne à sucre

Oui ou non Mme la ministre, l’État donne-t-il la garantie de sauver la filière canne ?

François Hollande s’est engagé par écrit, la ministre des Outre-mer va-t-elle confirmer ?

Manuel Marchal / 23 janvier 2015

Aujourd’hui, la ministre des Outre-mer rencontre le monde agricole dans une exploitation de Sainte-Anne. Après la lettre de François Hollande à Georges Patient, elle doit donc donner une réponse aux planteurs : oui ou non l’État mettra-t-il les moyens pour faire vivre la filière canne après 2017 ? Si les 38 millions supplémentaires demandés sont garantis, alors les discussions sur la Convention canne peuvent porter sur 7 ans comme d’habitude, car la filière a la garantie d’avoir l’argent nécessaire pour survivre. Si la ministre ne confirme pas ou plus grave encore si elle ne dit rien, alors c’est la certitude que tout est fini. Le soir même, le PCR tiendra un meeting sur cette question décisive dans la cour de l’usine de Bois-Rouge.

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L’engagement du président de la République ne peut que signifier la garantie que l’État financera le sauvetage de la filière après la fin du prix garanti du sucre en 2017. Si la ministre ne dit rien aujourd’hui, alors les planteurs, les travailleurs d’usine et les transporteurs auront toutes les raisons de s’inquiéter pour leur avenir.

Le 21 août dernier, François Hollande était à La Réunion. Dans son programme, il avait prévu une visite de l’usine de Bois-Rouge et un discours dans la cour de la sucrerie. C’était la confirmation que le gouvernement prenait très au sérieux la menace sur l’avenir de la filière. Avec la fin du quota sucrier en 2017, c’est la fin de la garantie d’écoulement de la totalité de la production des usines réunionnaises. Annoncée de longue date par le PCR, cette échéance n’a pas été suffisamment prise en compte à l’avance. C’est pourquoi si en France, les planteurs de betteraves ont créé les conditions pour continuer à exister après 2017, rien n’est acquis pour La Réunion.
Dans l’urgence, les planteurs et les usiniers se sont entendus sur deux propositions pour permettre à la filière canne de continuer à produire après la fin du prix garanti du sucre. La première vise à augmenter de 38 millions d’euros de la subvention versée par l’État à la filière, soit un total de 128 millions par an demandés après 2017. Cette subvention permettrait à la production destinée à être vendue en sucre blanc de continuer à être concurrentielle en Europe. Cela concerne la moitié du sucre réunionnais.
Dans son discours du 21 août, François Hollande avait dit son soutien à la demande de subvention supplémentaire, tout en précisant que tout allait dépendre d’un accord de l’Union européenne.

Engagement du président de la République

Or, un élément nouveau est venu tout bouleverser ces derniers jours. Le président de la République a répondu au sénateur Georges Patient, qui lui demandait des précisions sur le soutien de l’État aux filières canne de l’Outre-mer après 2017.
François Hollande s’est dit pour : « La conduite d’une politique active de soutien de la filière canne et à la diversification de production constitue également une priorité ». Le chef de l’État a précisé les moyens de cette politique active de soutien : « je peux vous confirmer mon engagement d’un soutien accru à la canne après la disparition des quotas sucriers en 2017 ».
Cette réponse écrite a une portée considérable. Elle signifie que le président de la République s’engage à augmenter la subvention versée à la filière après 2017, conformément à la demande des planteurs et des usiniers.
Sur cette base, les négociations de renouvellement de la Convention canne peuvent définir un prix de la canne pour les 7 ans à venir.

Confirmation aujourd’hui ?

Aujourd’hui, la ministre des Outre-mer rencontre le monde agricole à Sainte-Anne. Si elle confirme l’engagement du président de la République, alors la filière sera sauvée. Si elle parle d’une condition, ou si elle ne dit rien du tout, alors les planteurs, les travailleurs d’usine et les transporteurs auront toutes les raisons de s’inquiéter pour leur avenir. 30.000 emplois directs et indirects sont en jeu.
Le soir même, le PCR tiendra un meeting devant l’usine de Bois-Rouge. Cette question sera à l’ordre du jour.


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