Canne à sucre

Pas de coupe sans l’aboutissement des négociations

Face à l’intransigeance des usiniers, les planteurs mobilisés

Témoignages.re / 24 juin 2011

Voici un communiqué de la CGPER et de la Chambre d’agriculture qui rend compte de la rencontre entre les planteurs et les usiniers en présence de l’État hier au CTICS à Saint-Denis. Les usiniers refusent les propositions des planteurs sur un meilleur partage des richesses de la canne à sucre.

« Alors que la CGPER et la Chambre d’agriculture ont fait depuis le mois de février des propositions concrètes pour améliorer le revenu des planteurs de canne et contribuer au développement de la filière, la réunion qui s’est tenue ce jour au CTICS a mis en lumière l’incapacité des représentants de TEREOS d’apporter des réponses cultivant la politique de « tourneurs autour du pot ».

Pour les représentants de la CGPER et de la Chambre d’agriculture c’est la première fois de l’histoire de la filière canne que nous avons des négociateurs qui n’ont rien à proposer. Lors de discussions interprofessionnelles, l’heure ne doit pas être au palabre mais au concret :

Sur la recette mélasse et les droits d’accise, ils s’accordent sur la réalité du sujet et des éléments avancés par les planteurs mais n’ont aucune contre-proposition se contentant de la présentation des données.

Sur la proposition de la bonification, les industriels sont favorables uniquement à une bonification pour les tonnages de canne supérieurs à 202.000 tonnes de canne alors que la CGPER propose 3 euros par tonne de canne jusqu’à 190.000 tonnes de sucre afin d’encourager la production de manière significative au profit de l’ensemble des planteurs qui travaillent difficilement. La proposition de TEREOS est une usine à gaz discriminatoire pour les planteurs réunionnais.

Sur la proposition de la richesse plancher à 12,5 points, TEREOS convient que la problématique des basses richesses est réelle notamment pour les cannes coupées mécaniquement, mais ne répond pas à la question proposée.

Pour la CGPER, TEREOS n’est pas en lien avec la réalité de la filière canne sucre rhum de La Réunion et est totalement à côté de la plaque.

Les représentants des planteurs, avec le soutien de l’État, ont exigé que TEREOS fasse des propositions concrètes d’ici la semaine prochaine afin d’avancer. Pour les 150 planteurs présents, tant que ces négociations n’aboutissent pas, la campagne sucrière ne pourra démarrer ».


Tout augmente sauf le prix de la canne payé au planteur

Hier avait lieu au CTICS une réunion de l’Interprofession pour décider du prix de la tonne de canne. Rappelons que cela fait 20 ans que l’usinier paie toujours la tonne de canne 39,09 euros pour une richesse de 13,8.
C’est un exemple de stabilité des prix très rare qui doit être souligné : aucune augmentation depuis 20 ans. Autrement dit, l’usinier continue de payer sa matière première au prix d’il y a 20 ans. Il est sans doute la seule société de La Réunion à pouvoir bénéficier d’un tel privilège.
Puisque tout augmente sauf le prix de la canne payé au planteur, ce sont les pouvoirs publics qui ont dû agir pour maintenir le pouvoir d’achat du planteur. Ce sont les différentes aides sociales qui permettent aux planteurs de sortir la tête de l’eau. Ce sont des aides publiques qui compensent le refus de l’usinier de payer sa matière première au juste prix.
Cette année, des négociations se sont ouvertes pour sortir de cette impasse. Mais entre les planteurs et l’usinier, les propositions sont fortement divergentes.
La CGPER propose une hausse de 3 euros par tonne jusqu’à 190.000 tonnes de sucre, et 5 euros par tonne au-delà, les industriels ne veulent rien partager de plus si la production de leurs usines n’atteint pas 202.000 tonnes de sucre. Autrement dit, la prime que l’usinier pourrait verser dépend du rendement de ses moulins. C’est un facteur sur lequel le planteur n’a aucune prise. Enfin, c’est toujours le blocage au niveau de la répartition des bénéfices d’un produit de la canne, la mélasse. Les usiniers ne veulent rien céder au planteur, pas un centime.
Devant cette situation, les planteurs refusent de commencer la coupe tant que les négociations n’auront pas abouti.


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