Canne à sucre

Pas une minute à perdre pour préparer l’échéance 2017

Le prix du sucre s’effondre en Europe

Manuel Marchal / 26 septembre 2014

L’effondrement du prix du sucre en Europe sera une conséquence prévisible de la fin des quotas en 2017. C’est déjà une réalité à cause d’une surproduction cette année. Pour le moment, l’Europe est obligée de d’acheter le sucre réunionnais invendu. Cette protection prendra fin en 2017. Il n’y a plus une minute à perdre pour se donner les moyens de résister.

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Les conférences de presse de Paul Vergès mardi et du PCR jeudi avaient mis le doigt sur deux éléments nouveaux pour les planteurs de cannes à sucre. En Europe, le prix du sucre de betterave s’est effondré à cause d’une abondante récolte, la France prévoit de produire plus de 5 millions de tonnes pour cette campagne. Par ailleurs, les producteurs européens se donnent l’objectif d’être aussi compétitifs que ceux du Brésil. C’est un avant-goût de la concurrence que les Réunionnais devront affronter en 2017. Le 6 mai dernier devant les députés de la Délégation des Outre-mer, le président de Tereos Océan Indien avait expliqué ce à quoi il faut s’attendre après la fin des quotas. Extraits de son audition :

« La suppression des quotas permettra aux sucriers européens de produire sans limite. D’après les prévisions de la Commission européenne, publiées en décembre 2013, cette production augmentera fortement dès lors que la limitation des quotas aura disparu. (...)

Du fait de la fermeture de 45% des sucreries européennes et de l’allongement de la campagne sucrière, les sucreries en Europe produisent aujourd’hui 170.000 tonnes de sucre et l’Europe des Quinze, qui est la plus performante, en produit 207.000. En quelques années, la production européenne est devenue deux fois plus importante que la production réunionnaise. (…)

Les prix pratiqués en Europe seront ceux du marché mondial, ce qui offrira à l’Europe la possibilité d’importer des quantités de sucre très importantes, notamment dans le cadre des accords avec les PMA (pays les moins avancés) et les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) qui autorisent, depuis 2009, un accès sur le marché européen sans quotas et sans droits. (…)

Tous les sucres que l’on trouve sur les marchés en Europe sont vendus à des prix en relation avec le prix du sucre blanc. Or, le prix du sucre blanc, déjà en baisse, pourrait s’effondrer et converger vers les prix pratiqués sur les marchés mondiaux. De même, le prix des sucres spéciaux pourrait subir une baisse parallèle.(…)

Dans le domaine du sucre blanc, la compétition repose sur le seul coût du produit. Sont éliminés les producteurs qui proposent les prix les plus élevés. C’était le cas, en 2005, pour les 45% des entreprises qui produisaient du sucre de betterave et qui ont fermé. (…) »

Si cette année, le sucre réunionnais ne trouve pas preneur, l’Union européenne est obligée de l’acheter au prix d’intervention qui est fixe et supérieur au cours mondial. Cette garantie saute en 2017.

Pour préserver l’avenir, seule une subvention d’un niveau exceptionnel versé tous les ans permettra de compenser l’écart structurel entre les producteurs français et réunionnais. François Hollande s’était engagé à plaidé la demande auprès de l’Union européenne, pour qu’elle autorise la France à donner cette subvention. Un mois et 6 jours après la déclaration du président de la République, toujours pas de réponse. L’inquiétude grandit, et elle concerne toute l’île car la canne à sucre, ce sont des exploitations dans 23 communes sur 24, et des emplois dans toutes les villes de La Réunion.
Après cette coupe, il en restera 2 autres avant la fin du quota. Les événements en Europe souligne bien l’urgence :


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