Canne à sucre

Paul Vergès rappelle la bataille pour sauver l’usine de Quartier Français

Comité général du Parti communiste réunionnais

Témoignages.re / 21 juillet 2014

En conclusion du premier Comité général du PCR, Paul Vergès est revenu sur la bataille de Quartier Français, sauvée grâce à un large rassemblement des Réunionnais. La lutte pour sauver la filière est un combat d’une ampleur encore plus importante.

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Paul Vergès a conclu le premier Comité général du PCR.

Paul Vergès est revenu sur un épisode important de l’histoire de La Réunion, la bataille pour sauver l’usine de Quartier Français en 1955.
La Réunion comptait de nombreuses grandes sociétés sucrières dans le passé, près de 13 usines fonctionnaient, détenues par les grandes familles de l’île. Pour pouvoir se moderniser, les usiniers ont fait d’importants emprunts aux banques. Ces investissements ont eu un impact sur les petits usiniers, dont Quartier Français, détenu par René Payet.
Il faut savoir que la lutte des usiniers date depuis longtemps. Dès 1936, la bataille se situait au niveau du partage des contingents tarifaires, ancienne dénomination du quota. Les grandes sociétés avaient pris la plus grande part tandis que les petits usiniers devaient se contenter de ce qu’il restait, se sentant sacrifiés.
Après des mois de négociations avec Quartier Français, les banques ont décidé de fermer l’usine, en donnant à René Payet un délai court pour rembourser ses dettes. Les concurrents de Quartier Français s’apprétaient à se partager les machines. René Payet s’est alors tourné vers le Parti communiste, qui était à ses yeux le seul moyen de sauver la situation. Après que Maxime Rivière, directeur de l’usine, ait pris contact avec Bruny Payet, René Payet et Paul Vergès se sont rencontrés. La bataille était lancée.
L’union des planteurs et de l’usinier s’est réalisée. Elle a fait échec aux manœuvres des concurrents de Auartier Français et la société de René Payet a pu obtenir des banques un délai bien plus long pour rembourser les emprunts. En conséquence, il a signé un accord qui donnait aux planteurs des droits sans précédent : avance de démarrage à 80%, règlement de la campagne l’année suivant la coupe, meilleur partage des richesses.
Deux ans plus tard, lors des élections législatives, la liste du Parti communiste a obtenu la majorité absolue dans 23 communes sur 24, et gagna 2 députés sur 3 : Paul Vergès et Raymond Mondon. La bataille avait totalement renversé la situation.
Paul Vergès souligne que la lutte actuelle est d’une ampleur beaucoup plus grande que celle de Quartier Français. Ce n’est pas une usine, ce sont toutes les communes. Et le précédent du géranium est là pour instruire. Quand est apparue la menace de la concurrence internationale, le ministre Pisani est venu tenir des discours rassurants affirmant que le géranium de La Réunion était le meilleur du monde. Quelques années plus tard, des milliers de planteurs de géranium étaient ruinés…
Paul Vergès conclut en rappelant la responsabilité des communistes : informer, expliquer et mobiliser.


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