Canne à sucre

Pèy anou nout bagasse !

Campagne d’information de la CGPER sur la prime bagasse

YVDE / 29 mars 2010

La CGPER n’a pas l’intention de se voir contester le résultat d’une bataille sur la rémunération de la bagasse qu’elle mène depuis des dizaines d’années. Depuis 1969, date à laquelle l’ancêtre de la FDSEA (Fédération des syndicats d’exploitants agricoles) a accepté la suppression de la notion de sous-produits de la canne. Le président, Jean-Yves Minatchy, et ses amis ont entamé un véritable marathon. Mercredi dernier, après Beaufond, Saint-Leu, et avant Saint-Paul aujourd’hui, ils étaient hier à Saint-Pierre. « Pas de leçons à recevoir de la FDSEA », martèle le président de la CGPER, mentionnant son intervention auprès de François Fillon et du président de la Commission de régulation de l’énergie.

Hier matin sur la plate-forme des Casernes à Saint-Pierre, devant quelque cent cinquante planteurs, Jean-Yves Minatchy, président de la Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion (CGPER), a poursuivi son marathon d’information sur la prime bagasse, « pour donner un même niveau d’information dans l’ensemble de l’île » et « répondre à la désinformation du président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) ».
D’après lui, le syndicat rival doit « arrêter de semer le doute », surtout qu’il « n’a pas suivi le dossier » et qu’il « a eu une attitude négative » vis-à-vis de cette revendication. Le leader de la CGPER, juché sur le plateau d’un 4x4, a affirmé que son syndicat « continuerait à faire son travail » et a rappelé que le total de la rémunération est de 13 euros. 10 euros pour les planteurs et 3 euros à répartir entre planteurs et usiniers. La convention sur la répartition des 3 euros restants, signée dans le cadre de la Commission paritaire de la canne et du sucre, avec les usiniers et le préfet le 21 décembre dernier, permettait aux planteurs de percevoir 1,05 euro sur la tonne de bagasse (soit au total 11,05 euros) ; 1,30 euro allant aux usiniers et 65 centimes d’euro à la recherche.
On pouvait alors penser que le versement de la prime bagasse aux planteurs allait intervenir dans le courant du premier trimestre 2010. C’était sans compter sur la volonté de l’Electricité de France (EDF) de traiter en même temps les dossiers de La Réunion et de la Guadeloupe où les 3 euros restants de la prime bagasse ont intégralement été versés aux usiniers. Or, selon les informations fournies par la Préfecture, le dossier de la Guadeloupe a pris du retard. Jean-Yves Minatchy est très ferme. « La situation est différente en Guadeloupe. Ici, nous ne sommes pas des sous-traitants. L’interprofession a un autre fonctionnement qu’en Guadeloupe ». Aussi, le président de la CGPER propose-t-il « de séparer les dossiers ».

Nou la zamé lash lo dosyé…

Le dossier doit encore être soumis, « pour avis », à la Commission de régulation de l’énergie (CRE), qui a deux mois pour se prononcer. Pas question d’attendre deux mois. « Un avis, ça ne demande pas 107 ans », dit Jean-Yves Minatchy. Le 22 mars dernier, le président de la Chambre d’agriculture a écrit au Premier ministre, François Fillon, le sollicitant « à nouveau sur ce dossier afin que le CRE émette son avis dans les meilleurs délais et que les planteurs puissent bénéficier du paiement effectif de cette aide au plus tôt, en tout cas bien avant le début de la prochaine campagne sucrière ». Une seconde lettre a été expédiée au président de la CRE dans laquelle Jean-Yves Minatchy lui demande « de faire diligence, afin que les planteurs puissent bénéficier de cette aide le plus rapidement possible ».
Patrice Pounoussamy, co-président de la Commission paritaire de la canne et du sucre, rappelle l’âpreté de la négociation. « Nous avons fait notre travail. Nous la jamé lash lo dosyé. Pèy anou nout bagasse ke nou la fourni ». Il souligne l’augmentation des charges qui a mis à mal la trésorerie des planteurs.
Et Jean-Yves Minatchy renchérit : « C’est quelque chose que l’on nous doit ». Il souligne que le rôle de la canne à sucre, c’est aussi du social, de l’aménagement du territoire, de la lutte contre l’érosion, et un élément touristique grâce à « un paysage que les planteurs façonnent ». Il note aussi que les planteurs ont repris confiance comme en témoigne la surface replantée, en augmentation de quelque 500 hectares par rapport à l’année dernière.

YVDE


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