Canne à sucre

Planteurs mobilisés pour leur survie

Des actions annoncées pour obtenir la hausse du prix de la canne à sucre

Manuel Marchal / 29 mai 2017

La semaine qui commence sera encore marquée par la lutte des planteurs pour une augmentation du prix de la canne à sucre.

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Combien ce sucre rapporte-t-il à Tereos, coopérative de planteurs de betteraves propriétaire des deux usines sucrières de La Réunion ?

Les discussions sont toujours dans l’impasse pour décider du prix de la canne à sucre alors que la coupe commence dans un mois. Depuis le 10 mai dernier, un arrêté paru au Journal officiel garantit à la filière canne-sucre le versement d’une subvention supplémentaire de 28 millions d’euros pour 2017, 2018, 2019 et 2020. La fin des quotas sucriers le 1er octobre prochain change les débouchés du sucre réunionnais en Europe. En effet, les usines de sucre de betteraves pourront alors produire sans limite. Elles ont un coût de production plus faible qu’à La Réunion. Les 28 millions d’euros de l’État doivent compenser cette différence afin de permettre au sucre réunionnais d’avoir un prix de vente concurrentiel en Europe.

Prix inchangé depuis plus de 20 ans

L’industriel, Tereos, veut garder pour lui l’intégralité de cette subvention. Les planteurs demandent que cette somme puisse contribuer à améliorer leurs revenus. Le prix de référence est en effet le même depuis plus de 20 ans. Il est de 39,09 euros par tonne de canne achetée par l’industriel. Les planteurs revendiquent 45 euros. La dernière négociation mercredi s’est terminée par un désaccord du fait de l’intransigeance de Tereos à refuser toute augmentation du prix de la canne, et par la proposition de Tereos de remettre en cause le prix plancher de 31 euros la tonne pour les livreurs de cannes longues coupées mécaniquement. L’industriel veut lui substituer un prix de 23 euros la tonne. Les représentants des syndicats CGPER et FDSEA ont quitté ensemble la salle des discussions et ont annoncé des mobilisations cette semaine.

Vendredi, le Parti communiste réunionnais a annoncé publiquement sa solidarité avec la lutte des planteurs. Le PCR demande aussi que toute la transparence soit faite sur les revenus tirés de tous les co-produits de la canne à sucre, et propose la création d’un comité permanent de suivi de la filière. Ce secteur économique emploie directement ou indirectement 18.000 personnes, l’objectif est de préparer au mieux l’avenir de la filière dans la perspective de l’après 2020.

1200 euros la tonne de sucre ?

Bruno Robert, responsable des Jeunes agriculteurs, était hier l’invité du journal télévisé du soir de Réunion Première. Il a salué le soutien du PCR et attend que d’autres partis s’expriment dans le même sens. Il a également dénoncé l’opacité qui règne autour des bénéfices que Tereos réalise en vendant les produits de la canne cultivée par les planteurs. Ainsi, il doute que l’industriel vende ses sucres au cours mondial, soit environ 400 euros la tonne. Selon les calculs du syndicaliste, Tereos vendrait ses sucres spéciaux 1200 euros la tonne, soit trois fois le cours mondial. Il est donc urgent de tout mettre sur la table afin de confirmer ou infirmer une telle hypothèse. Car avec un prix de vente de 1200 euros la tonne pour les sucres spéciaux, et en comptant sur la subvention de 28 millions d’euros qui permet de vendre en Europe le sucre en vrac au prix du sucre de betteraves, alors l’industriel doit réaliser d’importants bénéfices. Dans ces conditions, comment expliquer qu’ils veulent maintenir le prix de référence à un niveau inchangé depuis plus de 20 ans ?

Les planteurs ont donc décidé d’agir pour faire aboutir leurs revendications. La filière canne-sucre a une importance considérable dans notre île. Outre les emplois, les 25.000 hectares de cannes sont importantes dans la lutte contre l’érosion. C’est également une culture qui occupe la moitié des surfaces agricoles de l’île. Tous les Réunionnais sont donc concernés à un degré divers par la survie ou la disparition de la canne à sucre. Autant dire qu’il faut s’attendre à une mobilisation à la hauteur de cet enjeu.

M.M.



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  • La Réunion n’est pas la seule région française productrice de canne sucrière . Cette production agricole existe également aux Antilles et en Guyane française . Je ne comprends pas pourquoi le prix de la tonne de canne n’est pas négocié par branche au lieu d’être négocié par entreprise .Si c’était le cas la négociation pour le prix de la tonne de canne réunirait autour d’une même table les représentants des planteurs de chaque région ainsi que ceux des usiniers . Et comme tous les planteurs de cannes doivent faire face aux mêmes problèmes ; ceux ci devraient être abordés sous un angle national plutôt que sous un angle régional où la situation de monopole des usiniers ramène la négociation au niveau d’un bras de fer entre une grosse entreprise internationale TEREOS qui fait ses bénéfices sur des situations sociales et économiques plus favorables a l’étranger et dont l’avenir ne dépend absolument pas de ses résultats dans unes des régions françaises que ce soit la réunion ou les Antilles et la Guyane

    Les planteurs de canne réunionnais ne sont pas plus ni moins que ceux des Antilles ou de Guyane et comme ces territoires sont soumis aux mêmes aléas climatiques et sociaux les prix de la tonne de cannes devraient être sensiblement les mêmes .
    Or si on demande un planteur de canne de la réunion de dire quel est le prix de la tonne de canne en Guyane ou aux Antilles ou quel est le prix de la tonne de betterave sucrière en France il sera incapable de le dire . Pourtant si la devise de notre pays "liberté égalité fraternité " lui est applicable il devrait pouvoir le dire car il n’y a pas de raison que dans une situation comparable les planteurs réunionnais soient traités différemment de ceux des autres régions. Par leur travail ils participent au développement d’une partie importante de l’économie nationale ; celle de la production de sucre et a ce titre il doit bénéficier d’une aussi juste rémunération que tous les autres acteurs de la production de sucre .

    Cela est possible mais pour arriver a ce résultat il faudrait que la négociation sur les prix qui sont appliqués dans chaque région soit menée par branche ; l’une pour la canne et l’autre pour la betterave ; et que l’issue des négociations des règles de péréquation soient mises en place au plan national pour qu’il y ait une véritable solidarité entre tous les acteurs de la branche sucrière .

    La première demande que devraient formuler les planteurs de cannes réunionnais devraient donc de connaître quels sont les prix appliqués dans les autres régions pour une tonne de canne et une tonne de betterave sucrière .quels sont les prix de la
    tonne de sucre et des produits dérivés de l’industrie sucrière bref quels sont les revenus des différents acteurs de la filière sucre et demander ce que tous les intervenants aient une rémunération sensiblement égale quelque soit leur région .

    Mais hélas la négociation qui se déroule actuellement entre la grande entreprise internationale TEREO et les planteurs de canne de la Réunion ne ressemble pas a une négociation mais a un bras de fer . Et c’est pour cela que le prix de la tonne de
    canne la réunion n’a pas changé depuis 20 ans . Si les planteurs réunionnais veulent avoir un niveau de vie décent il faut que la négociation des prix de leur production que ce soit la canne ou les sous produits de la canne se déroule par branche sous le contrôle étroit de l’Etat qui devrait veiller a ce que tous ceux qui participent la production d’une richesse nationale puisse bénéficier d’un revenu sensiblement égal pour un travail équivalent.

    Mais hélas il semble bien malheureusement que ce ne soit pas la tendance générale du pouvoir politique actuel qui serait plutôt favorable dans la plupart des secteurs économiques a des négociations par entreprise et a l’absence de toutes péréquation permettant d’aligner les revenus des travailleurs quelque soit leur situation géographique . Il faut bien le reconnaître ce n’est pas demain que les français pourront prétendre un même revenu pour une même quantité et qualité de travail travail quelque soit l’endroit où ils vivent . Les planteurs réunionnais sont des travailleurs comme les autres ; il n’y a pas de raison qu’ils ne puissent pas vivre décemment de leur travail comme les autres travailleurs français qui appliquent les lois
    françaises . Si on laisse faire TEREOS fera bientôt comme toutes les grandes entreprises internationales ; elle délocalisera ses usines pour aller dans les pays où les charges sociales et les impôts les plus bas lui permettront de faire les plus gros bénéfices qu’elle ira investir dans d’autres pays que la France .

    C’est aussi ça la mondialisation ; le malheur c’est que vu sous cet angle nous entrons dans l’ère de la mondialisation de la pauvreté et de la misère plutôt que dans la mondialisation d’une juste rémunération pour tous c’est dire d’un pouvoir d’achat permettant d’acquérir a peu près les même choses notamment celles qui sont indispensables pour une vie décente .

    La France compte actuellement plus de 9 millions de personnes vivant au dessous du seuil de pauvreté . Combien seront
    elles lorsque ceux qui naissent aujourd’hui atteindront l’âge adulte . Certains pays ont un PNB par habitant de 800 euros par an alors que pour les pays les plus riches celui ci est au dessus de 45000 euros . Où en seront nous dans une génération . Si notre devoir est de travailler pour que les générations futures vivent mieux que nous ; sommes nous vraiment sur la bonne voie lorsque nous constatons que les milliers de famille réunionnaises qui vivent de la canne seront bientôt obligées d’aller s’inscrire aux bureaux d’aide sociale pour pouvoir survivre . j’ai vraiment un gros doute .

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