Canne à sucre

Premier composant : le jus de canne à sucre

La canne c’est le sucre, mais pas seulement -7-

Témoignages.re / 21 octobre 2014

Dans les dernières chroniques, nous avons évoqué l’utilisation des produits dérivés de la canne à sucre dans l’alimentation des ruminants (bœuf, cabris, moutons..). Cette semaine on évoquera la possibilité d’alimentation des animaux monogastriques comme le porc en produits dérivés de la canne. Bien entendu, il ne s’agit pas de limiter la nourriture de ces animaux à ces produits-là, il y en a bien d’autres dans la nature et il serait dommage de ne pas les utiliser et d’en priver nos animaux. Je rappelle à l’intention des jeunes qu’il y avait dans le manger cochon de mon enfance des choses intéressantes pas seulement pour les cochons, comme manioc, patates, songes, grains de jaque et autres : un complément de gouter pour nous, les enfants.

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Vente de jus de canne dans une rue de Dhaka au Bangladesh. (photo Steve Evans)

Je pense que cela risque d’étonner pas mal de Réunionnais éleveurs. Pourtant, le porc utilise efficacement les aliments riches en sucre et en amidon avec nécessairement un apport de protéines, de vitamines et de sels minéraux que l’on trouvera dans d’autres aliments. Les protéines peuvent être remplacées, en partie, par des feuillages de manioc, patates et d’autres légumineuses.

Le jus de canne comporte en période sèche, une forte teneur en sucres solubles, essentiellement du saccharose, peu de glucose et de fructose. Il est pauvre en matières sèches et en protéines. Il constitue une source d’énergie appréciable pouvant remplacer l’amidon du blé. Des expérimentations ont été effectuées en Afrique et aux Antilles pour le porc en période de croissance : les résultats sont intéressants avec une complémentation convenable en protéines, vitamines et els minéraux.

Le hic réside dans la conservation du jus : il doit être extrait quotidiennement ; il y a d’autres techniques comme le maintien à une faible température (4 degrés environ) ou bien de l’eau et conservation du sirop.

Le but, dans l’utilisation d’aliments non conventionnels comme le jus de canne, n’est pas d’obtenir des rendements dépassant l’entendement, mais des rendements très acceptables avec l’accompagnement nécessaire des techniciens formés à ces méthodes.

Pressoir à jus de canne


J’ai déjà évoqué lé fangourin ou frangourin qui est à la fois la boisson elle-même et la machine à extraire le jus ; il y a bien d’autres machines petites ou plus grosses à moteur électrique — dommage de s’en priver dans un pays où le soleil ne manque pas — ou thermique, ou à force d’énergie humaine ou animale. Vous pouvez trouver sur internet tous les pressoirs possibles et imaginables. Reste à savoir si les règlements européens permettent ou ne permettent pas l’élevage de porcs suivant les modes d’alimentation non conventionnels — mon propos n’est pas d’éclairer cet aspect des choses mais, encore une fois, de dire ce que l’on peut faire avec la canne.


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