Canne à sucre

Tereos doit céder pour empêcher un blocage général de La Réunion

La pression monte pour qu’un industriel donne satisfaction à plus de 3.000 livreurs de canne

Manuel Marchal / 6 juillet 2017

Les négociations ont continué hier entre les membres planteurs et industriels du bureau du Comité paritaire de la canne et du sucre (CPCS). Elles n’ont pas encore donné de résultat satisfaisant pour conclure un accord. Les planteurs revendiquent toujours une hausse de 6 euros par tonne du prix de référence de la tonne de canne. Ils ont reçu hier le soutien de la FNTR qui fixe un ultimatum à vendredi, faute de quoi des blocages sont à attendre lundi. Quant au Conseil départemental, il propose une hausse de sa subvention à la replantation.

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Les planteurs continuent leur mobilisation pour obtenir une augmentation de 6 euros du prix de la tonne de canne à sucre. Ils ont poursuivi la même méthode que la veille, avec notamment un barrage au Barachois. Comme annoncé la veille, ils ont rencontré une délégation de transporteurs menée par Jean-Bernard Caroupaye, président de la FNTR-Réunion. Les camionneurs disent être fortement pénalisés par les barrages. À l’issue de la rencontre, le barrage sur la route nationale devant la préfecture a été levé. Planteurs et transporteurs se sont entendus pour envisager des actions communes, au nom d’une « solidarité entre secteurs économiques », annoncée par Frédéric Vienne, président de la FDSEA-Réunion.

Ultimatum des transporteurs

Les transporteurs ont fixé un ultimatum. Si aucun accord n’est signé vendredi, alors ils rencontreront les planteurs samedi pour prévoir des actions communes à mettre en place lundi. Autrement dit, il faut s’attendre à des barrages en début de semaine prochaine et à une économie totalement paralysée.

Sur le plan politique, le PCR a renouvelé son soutien à la mobilisation lors de sa conférence de presse tenue hier matin.

« Les planteurs sont excédés, la population est exaspérée », a souligné Yvan Dejean, porte-parole du PCR qui appelle à la prise de conscience que La Réunion vit une très grave crise sociale, politique et économique. « La sagesse doit l’emporter, Tereos doit céder et faire un geste significatif pour régler le conflit ». Sinon, « le pire est à craindre ».

Le PCR est solidaire des planteurs, et comprend la population mise en difficulté par la position de l’industriel.

Soutien du PCR

Ary Yée Chong Tchi Kan, secrétaire du PCR, a constaté une crise de confiance généralisée à cause de l’industriel et de l’État. Responsable de l’ordre public, « l’État aurait dû mettre des clés de répartition » dans la répartition de l’aide supplémentaire de 28 millions d’euros qui est versée intégralement à Tereos. « Quand la politique abdique ses responsabilités devant l’industriel, voici le résultat », a-t-il ajouté.

En fin d’après-midi, la sénatrice Gélita Hoarau a adressé une question écrite au ministre de l’Agriculture. Elle demande notamment que la transparence soit faite sur les recettes de la filière, et que l’État soutienne la transformation de la filière canne-sucre en industrie de la canne aux revenus justement répartis.

En fin de matinée, le Conseil départemental a présenté une augmentation de sa subvention pour la replantation. Cette aide correspond à un soutien de 3 euros par tonne de canne pour un agriculteur qui décide de replanter de la canne.

Comme l’a rappelé le PCR, la balle est dans le camp de Tereos.

M.M.


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