Canne à sucre

« Transparence et juste répartition de la valeur comme gage d’un nouvel engagement entre planteurs et industriels »

Tribune libre des Jeunes Agriculteurs

Témoignages.re / 2 juin 2017

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Ce jeudi 1er juin 2017 les syndicats agricoles réclament d’une même voix une augmentation de 6 euros du prix de base minimum de la tonne de canne de référence ainsi que la transparence totale des comptes de l’industrie sucrière dans un contexte où grâce à la mobilisation de toute la filière le sucre blanc réunionnais sera compétitif sur le marché libéralisé et les sucres dits « spéciaux » protégés.

La motivation de ces revendications est issue d’arguments difficilement réfutables et d’une logique qui vise à maintenir un climat de confiance mutuel entre planteurs et industriels qui sera propice non pas à la survie de la filière mais a son développement.

En effet les coûts de productions d’une tonne de canne augmentent d’année en année et dans le même temps il n’est pas faux de dire que la rémunération globale de la canne a aussi augmenté sous l’effet de la rémunération de l’énergie principalement.

Cependant il est clair que dans une économie de marché la logique du coût de production ne suffit pas, par contre le combat de la juste répartition des ventes des produits de l’industrie sucrière entre industriels et planteurs qui était mené chaque année dans les années 1960 à 1980 et qui depuis n’a jamais réellement été remis en cause mérite de connaitre son épilogue.

En effet depuis la réforme sucrière de 2006 et l’enveloppe de compensation de 45 millions d’euros dite AIS, les industriels paient la tonne de cannes aux prix de base de 17 euros. Ce prix de base correspond à un prix de la betterave de 25 euros/tonne et un prix du sucre de 404 euros/tonne. Ce qu’on constate, c’est que d’une part le sucre blanc n’est jamais descendu au niveau de 404 euros par tonne sur la période 2006-2016, que les betteraviers restent sur 5 années consécutives avec un supplément de prix (sources CGB) et d’autre part que la production de sucre réunionnaise ne se limite pas aux sucres blancs mais que nous valorisons bien 50 % de nos sucres sur des marchés a fortes valeurs ajoutées.

Voilà réellement l’enjeu des négociations qui commencent le 1er juin 2017. Quelle est la réelle valorisation des sucres issus de la canne réunionnaise et cette valorisation est telle justement réparties entre planteurs et industriels. On comprend dès lors que le préalable à ces négociations est la transparence totale des comptes de l’industrie sucrière qui permettra nous le souhaitons a la signature de l’accord d’affirmer que le prix de la canne est désormais juste, que c’est un prix minimum qui sera revalorisé en conséquence de l’évolution des prix des sucres sur les marchés et que l’heure n’est plus à la guerre mais à la reconstruction d’un lien indispensable entre tous les acteurs de cette filière qui pèse dans l’histoire de notre île, l’île à sucre.

Les planteurs de cannes ont reçu dans leur combat le soutien de plusieurs élus, c’est pourquoi nous tenons à mettre en lumière nos arguments afin que ce soutien s’amplifie et que cet accord gagnant-gagnant tant espéré voit enfin le jour.

Bruno Robert, Président des Jeunes Agriculteurs


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