Canne à sucre

Younous Omarjee : « Les sucres spéciaux réunionnais seront protégés dans l’accord de libre-échange UE-Vietnam »

Protection partielle au regard des revendications de la filière canne-sucre de La Réunion

Témoignages.re / 2 février 2016

Le député Younous Omarjee a diffusé ce mardi 2 février un communiqué suite à la signature de l’accord commercial entre le Vietnam et l’Union européenne. Le parlementaire souligne que les efforts permettant de protéger les sucres spéciaux réunionnais de la concurrence vietnamienne. Younous Omarjee constate que « cette protection obtenue en dernière ligne droite n’en est pas moins que partielle au regard de l’ensemble des demandes formulées par les acteurs de la filière ». Quant aux prochaines discussions notamment avec la Thaïlande, le député indique que « le plus difficile est devant nous ».

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Pour le sucre de La Réunion, « cette protection obtenue en dernière ligne droite n’en est pas moins que partielle », indique le député au Parlement européen.

 

Alors qu’à l’annonce faite en Août par la Commission européenne aucun mécanisme n’était prévu pour protéger les sucres spéciaux dans le nouvel accord de libre-échange négocié avec le Vietnam, la bataille que nous avons portée collectivement a fini par placer les sucres spéciaux réunionnais a l’abris du pire dans cet accord. Les exportations de sucres spéciaux du Vietnam seront finalement limitées à 400 tonnes par année, en lieu et place du quota de 20.000 tonnes dans lequel les sucres spéciaux se trouvaient inclus. Au-delà de cette limite, le droit de douane sera de 419 euros par tonne. Cette taxe doit permettre au sucre réunionnais, qui n’est pas taxé, de rester compétitif sur ce secteur.

 

Nous pouvons être fiers dans ce dossier d’avoir collectivement réussi à faire bouger une montagne tant il faut nous rappeler l’opposition sèche que adressée au départ par la Commission européenne. Et d’avoir été en pointe dans ce combat. En effet pour faire bouger ce dossier présenté comme déjà ficelé et immuable, il aura fallu mobiliser au Parlement européen l’ensemble des députés de la commission commerce international, ainsi que les Présidents de commissions parlementaires et une série d’acteurs Bruxellois. Cette mobilisation du Parlement européen, tous groupes politiques confondus, et sans précédent, a contribué fortement à ce que à leur tour plusieurs ministres du gouvernement français interviennent auprès de la Commission européenne dans le même sens. Au final nous avons obtenu ce que l’on disait impossible, à savoir un retour à la table des négociations et une partie des protections que nous demandions.

 

Si le ’coup mortel’ qui aurait été porté par cet accord contre notre production a pu être évité, cette protection obtenue en dernière ligne droite n’en est pas moins que partielle au regard de l’ensemble des demandes formulées par les acteurs de la filière. Il convient donc de rester lucide et vigilant sur son impact à venir notamment au regard de son application ou des risques de contournement.

 

Mais il n’en demeure pas moins certain que la prise en compte au plus haut niveau de la Commission européenne de la reconnaissance de protection de nos sucres spéciaux nous place à présent dans de meilleures conditions pour aborder les futures négociations.

 

Il appartient aussi en priorité au gouvernement de veiller à ne pas reproduire pour l’ensemble des autres accords en négociation les mêmes difficultés rencontrées pour demander et obtenir l’exclusion des sucres spéciaux du champ de tout accord de libre-échange. Pour ce qui concerne le Parlement européen, le travail est d’ores et déjà commencé sur le futur accord Australie Nouvelle-Zélande qui entre en négociation. Ainsi que pour les accords très menaçants à venir avec la Thaïlande et l’Inde. Le plus difficile est devant nous.


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