Célébration du 19 mars 1946

Célébration de l’égalité et de la rupture avec la colonie

Conférence du PCR

Témoignages.re / 19 mars 2016

Le Parti communiste réunionnais organise aujourd’hui à Sainte-Suzanne une conférence pour célébrer les 70 ans de la loi du 19 mars 1946.

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L’abolition du statut colonial pour obtenir l’égalité. C’est une revendication née dans le mouvement social réunionnais, et qui est devenue ensuite une réalité.

Ce 19 mars, le Parti communiste réunionnais célèbre le 70e anniversaire de la loi abolissant le statut colonial de La Réunion. Elle a également inscrit dans la loi l’égalité des droits entre les Réunionnais et les autres citoyens de la République.

Aujourd’hui, le PCR rappellera le contexte de l’époque. Il relatera les raisons qui ont amené les Réunionnais à choisir la forme originale de décolonisation que constitue la départementalisation.

Le rêve inscrit dans une loi

Le point de départ était un rêve : obtenir l’égalité entre les Réunionnais et les citoyens de la République. Ce rêve a amené un mot d’ordre : La Réunion département français. Il était présent dans les manifestations des syndicats dans les années 1930. Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, il a amené la création d’une organisation politique formant un large rassemblement, le Comité républicain d’action démocratique et sociale, le CRADS.

Son programme était d’abolir le statut colonial pour obtenir l’égalité afin de mettre fin à la misère coloniale. Durant l’année 1945, la population a montré à trois reprises qu’elle voulait que ce rêve devienne réalité. La CRADS a en effet remporté les élections municipales, rassemblant 70 % des suffrages, puis les cantonales et enfin les législatives avec l’élection des deux députés, Raymond Vergès et Léon de Lépervanche.

Le 19 mars 1946, le rêve était inscrit dans une loi.

Des décennies de combats

Mais les gouvernements qui se sont succédé ont pris des mesures qui ont maintenu les inégalités. Ils ont refusé d’appliquer l’article 2 de la loi qui prévoyait l’égalité des droits. L’absence d’anticipation de la croissance démographique a pesé lourd, ainsi que deux décisions : l’extension du supplément colonial dans la fonction publique au lieu de l’égalité avec la France, et la suppression du chemin de fer.

Pour que les Réunionnais puissent bénéficier enfin de l’égalité prévue en 1947, plusieurs décennies de combat ont été nécessaires. Il a fallu la démission de Paul Vergès et Elie Hoarau en 1987 pour enclencher le processus irréversible menant à l’égalité sociale. Elle fut enfin conquise au milieu des années 1990 avec l’alignement des prestations sociales et du SMIC. Pour le RMI, cela eut lieu en 2002.

Ce retard a amené à la crise que La Réunion aujourd’hui : près de 30 % de chômage, la moitié de la population sous le seuil de pauvreté, plus de 110.000 illettrés, plus de la moitié des jeunes privés d’emploi, manque de 20.000 logements sociaux, déficit commercial de plus de 4 milliards d’euros.

Le rêve du plein emploi

Il y a 70 ans, une génération de Réunionnais a pris ses responsabilités pour sortir d’une très grave crise. Elle a choisi de rompre avec la colonie et de marcher vers l’égalité. C’était la première fois que des Réunionnais ont décidé de l’avenir de leur pays.

70 ans plus tard, les indicateurs sociaux et économique décrivent une grave crise. Le plein emploi apparaît comme un rêve. Nos aînés ont montré qu’un rêve peut devenir réalité, à condition de se rassembler, de prendre ses responsabilités et de décider.


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