Co-développement

Catherine Ashton en Chine pour le dialogue stratégique

Ouverture du dialogue sino-européen

Céline Tabou / 2 septembre 2010

La chef de la diplomatie européenne s’est rendue en Chine pour l’ouverture du dialogue diplomatique entre les représentants chinois et européens. À son arrivée, cette dernière a annoncé que l’Union européenne avait besoin « de connaître davantage la Chine : son développement, ses ambitions et ses objectifs ».

Le cinquième dialogue stratégique entre la Chine et l’Union européenne a ouvert ses portes, mercredi 1er septembre, à Guiyang, capitale de la province du Guizhou dans le Sud-Ouest de la Chine. À cette occasion, le conseiller d’État, Dai Bingguo, et la représentante européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, ont coprésidé cette conférence d’un jour, qui se déroule à huis clos.

Les deux pays ont discuté des relations sino-européennes, des questions régionales et internationales, et des perspectives de l’UE sur le développement de la Chine, a indiqué le ministère chinois des Affaires étrangères.

La haute représentante profitera de sa visite dans l’Empire du Milieu pour rencontrer le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, et le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi. Catherine Ashton s’est également rendue dans le petit village du Ghizou, province pauvre au Sud du pays, et à Shanghai. Celle-ci a d’ailleurs déclaré : « Plus que tout, je remarque un contraste. Je suis allée à Shanghai et à Pékin. Et en étant ici, je peux voir à quel point la Chine progresse, mais aussi combien il reste encore à faire. Voir et parler avec les gens ici a été un grand privilège ».

L’atout de la Chine pour l’UE

L’accélération de la croissance chinoise et le potentiel du pays sont des indicateurs cruciaux, qui ont poussé l’UE à renforcer ses relations avec la Chine. Pour cela, Catherine Ashton a indiqué que l’objectif aujourd’hui était de « mieux comprendre où en est le développement de la Chine, pour que l’UE puisse s’engager efficacement au processus de développement de la Chine ».

Un communiqué publié par l’Union européenne précise que « l’UE et la Chine affichent une volonté commune de renforcer leurs relations bilatérales sur des questions de politique étrangère et de sécurité, comme la péninsule coréenne, l’Iran, l’Afrique et la piraterie dans le golfe d’Aden ».

Second partenaire commercial de l’UE après les États-Unis, le marché chinois à l’exportation s’accroît de plus en plus vite, bien que les entreprises européennes se plaignent des difficultés d’accès au marché chinois. En 2008, le volume du commerce sino-européen a dépassé les 400 milliards de dollars américains pour la première fois, faisant de l’UE le plus important partenaire commercial et le plus grand marché d’exportation de la Chine.

Renforcer la coopération bilatérale

La Chine a vu dans le marché européen l’opportunité de développer son économie, « la complémentarité économique est forte entre les deux entités », explique Benoît Aufrère. L’Europe pouvait alors fournir des technologies et des produits de haute technologie, et la Chine mettait à leur disposition sa main d’œuvre, afin d’exporter « des produits manufacturés à bas prix et en grande quantité vers l’Europe, marché de consommation à fortes potentialités ».

Cette relation a été, durant des années, basée sur des relations économiques et commerciales. Depuis, l’Union européenne s’est affirmée et tente de faire entendre sa voix, notamment sur les Droits de l’Homme, la question du Tibet et de Taiwan, et les libertés de la presse et d’expression. Cependant, la relation sino-européenne n’a pas autant de poids que celle entretenue entre la Chine et les États-Unis, le Japon ou la Russie.

Les deux parties doivent trouver des objectifs communs, et l’UE doit compter sur la position de plus en plus dominante de la Chine sur la scène internationale. D’autant que, sur le plan diplomatique, la Chine s’est déclarée opposée aux nouvelles sanctions prises en juin et juillet par l’UE et les États-Unis contre l’Iran. Celles-ci interdisaient tout investissement ou coopération avec Téhéran dans le secteur énergétique. « L’UE et la Chine affichent une volonté commune de renforcer leurs relations bilatérales sur des questions de politique étrangère et de sécurité, comme la péninsule coréenne, l’Iran, l’Afrique et la piraterie dans le golfe d’Aden », a déclaré Mme Ashton, selon le communiqué. Au niveau climatique, l’Europe demande à la Chine et aux États-Unis, les deux premiers émetteurs de gaz à effet de serre, de faire des efforts pour limiter ou réduire leurs émissions de CO2.

CT


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