Co-développement

Chine-France : des relations au caractère particulier

Un partenariat de plus de 40 ans

Céline Tabou / 2 avril 2010

La France a été le premier pays européen à reconnaître la République populaire de Chine. Cela confère un caractère particulier aux relations entre les deux pays.

Les relations sino-françaises ont soixante-seize ans. La Chine considère la France comme une "amie", car elle a été le premier pays européen à reconnaître la République Populaire de Chine. Cela confère à la France, une position particulière.

La bonne entente

Le 27 janvier 1964, la France est le premier état européen à reconnaitre la République Populaire de Chine à reconnaître la République populaire de Chine, par la voix du Général De Gaulle. C’est le point de départ des relations officielles entre les deux pays.
Depuis, les relations entre les deux pays se sont accrues, notamment dans le domaine commercial. Le commerce entre la Chine et la France est passé de 110 millions de dollars par an dans les années 1960, à plus de 100 millions de dollars par jour, en 2008.
En 1997, les deux pays diffusent une "déclaration conjointe pour un partenariat global" qui pose les conditions économiques, culturelles et politiques entre la France et la Chine. Sept ans plus tard, la visite d’état du Président Hu Jintao, à l’occasion du 40ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques, se clôture par la signature d’une nouvelle déclaration conjointe. Celle-ci a pour objectif d’“approfondir le partenariat stratégique” entre nos deux pays.
La relation Chine-France repose, selon le gouvernement français, « sur la conviction qu’un dialogue confiant avec la Chine est de nature à favoriser l’évolution du pays vers davantage de stabilité, de croissance et de liberté. La Chine pèse désormais sur tous les équilibres mondiaux, qu’ils soient écologiques, économiques ou financiers. Il est donc important pour la France de travailler avec la Chine sur un pied d’égalité et en véritable partenaire ».

Refroidissement

Cette position française a été mise à mal à de nombreuses reprises. En 1993, la crise franco-chinoise survient après les sanctions françaises contre la Chine, lors du mouvement de Tian An Men en 1989. Par la suite, l’armement de Taiwan par la France pose un réel problème et entraine un refroidissement des relations.
En 2008, les manifestations qui se sont déroulées lors du passage de la flamme olympique à Paris ont provoqué le mécontentement du peuple chinois et du pouvoir central. Le gouvernement a pris comme un affront ces manifestations. D’autant plus que Nicolas Sarkozy avait fait attendre les chinois sur sa venue à l’ouverture de la cérémonie des Jeux Olympiques de Pélin, le 08 août 2008. La décision de Nicolas Sarkozy de rencontrer le Dalaï Lama n’est pas un geste allant dans le sens du réchauffement des relations.
Pékin réduit ses échanges commerciaux avec la France, et revoit la signature des contrats faits en novembre 2008.

Réconciliation et réchauffement

C’est alors qu’intervient Jean Pierre Raffarin. L’ancien Premier ministre parvient à œuvrer pour que les deux gouvernements arrivent à trouver la voie de la réconciliation. A l’occasion des réunions prévues par l’ONU en septembre 2008, le président chinois Hu Jintao et son homologue français Nicolas Sarkozy se sont rencontrés. Les deux hommes ont discuté des relations bilatérales, de l’impact de la crise financière mondiale et du changement climatique. Quelques mois plus tard, lors du G20 d’avril 2009, le gouvernement français concède dans un communiqué qu’il n’interfèrera plus dans la politique intérieure du pays.
Depuis cette mise au point, les échanges entre les deux pays ont repris de plus belle.
Le 23 décembre 2009, le premier ministre François Fillon s’est rendu à Pékin pour une "mission de réconciliation" réussie. Accompagné par une importante délégation de ministres et de chefs d’entreprise, François Fillon parvient à faire oublier la mésentente, à tel point que le premier ministre Wen Jiaobao, a déclaré « Nous travaillerons avec la France pour élargir les échanges à différents niveaux et renforcer le dialogue stratégique et la coordination afin d’édifier un ordre international politique et économique juste et raisonnable ». La relation sino-française redevient ce qu’elle était, et s’accentue sur les plans diplomatique et économiques. François Fillon parvient à signer 6 milliards d’euros de contrats.
La visite à La Réunion du 4ème personnage de la République populaire est l’illustration de cette bonne entente entre la Chine et la France. Force est de constater que de part son Histoire et sa culture, La Réunion est un pont entre les deux pays. Depuis l’arrivée à La Réunion d’un Consul général, les relations se sont en tout cas accélérée En février, l’Ambassadeur de Chine en France vient inaugurer la représentation diplomatique permanente de la Chine à La Réunion, et moins de deux mois plus tard, c’est le président de la Conférence consultative politique du peuple chinois qui rend visite à La Réunion à la tête d’une délégation de 76 personnes.

Céline Tabou


Kanalreunion.com