Co-développement

L’urgence d’une étude d’impact pour La Réunion

Le PCR et le développement des relations Union européenne-Inde

Témoignages.re / 23 juillet 2010

Dans un communiqué diffusé hier, le Parti communiste réunionnais demande « au gouvernement français de tout faire pour informer La Réunion, ses responsables politiques et son opinion publique, des contenus les plus précis possible des négociations en cours ». Car de véritables perspectives d’échanges et de développement peuvent se faire avec l’Inde à partir de La Réunion.

« Récemment, deux informations ont été publiées sur le développement des relations entre l’Inde et l’Europe qui doivent nous interpeller.
La première est une dépêche de l’AFP datée du 22 juin commentant ainsi une déclaration du ministre indien du Commerce, Anand Sharma, faite à Madrid : « l’Inde espère conclure cette année un accord de libre-échange, actuellement en cours de négociation, avec l’Union européenne (UE) ». Cet accord dont les discussions ont débuté en 2007 porteraient sur le commerce et l’investissement.
Par ailleurs, un article publié le 28 juin par “Aujourd’hui l’Inde” signale que « l’Inde et l’Europe veulent accorder leur politique en termes de migration des travailleurs. Permettre aux Indiens d’aller travailler légalement en Europe et aux Européens de faire leurs valises pour le sous continent est un des objectifs de l’accord auquel les deux entités veulent parvenir ». Les dernières discussions à ce sujet ont eu lieu entre la ministre des Affaires Étrangères de l’Union européenne, Catherine Ashton, et le ministre chargé des Relations avec la Diaspora Indienne, Vayalar Ravi, à New Delhi, mercredi 23 juin. Les deux entités désirent mettre en place « un partenariat pour la mobilité des travailleurs » afin de « faciliter » des « migrations régulées » et « légales ».

Géographiquement, La Réunion est la seule région européenne située dans le bassin indocéanique. Son histoire la lie de manière très forte avec le sous-continent indien. Son territoire abrite l’un des plus important contingent d’émigrés tamouls à l’étranger. De très fortes relations existent entre l’Inde et La Réunion, et notre île héberge, depuis longtemps déjà, un Consulat de l’Inde. De nombreuses actions de coopération entre La Réunion et l’Inde ont été engagées, que ce soit à l’initiative des Collectivités ou du monde associatif. D’une manière plus générale, Delhi veut s’impliquer de plus en plus dans le développement de notre région. En témoignent le séjour à l’île Maurice, au début du mois de juillet, de SM Krishna, ministre indien des Affaires Étrangères, ou encore l’installation à Madagascar, et bientôt en Afrique du Sud, du groupe de télécommunication indien Bharti qui, à terme, compte offrir une connexion par câble avec l’Inde.

Nous nous félicitons donc du développement des relations de l’Union européenne avec Delhi, dans l’intérêt mutuel des deux entités.
C’est cette même préoccupation qui nous conduit à souhaiter que Bruxelles tienne compte à la fois des intérêts de La Réunion et des perspectives que celle-ci peut offrir à la fois dans le domaine des échanges économiques, de circulation des hommes ou de mobilisation des investissements.
Rappelons que ce n’est qu’après la signature de l’accord entre l’Union européenne et le MERCOSUR qu’on a commencé à s’inquiéter de ses conséquences pour l’agriculture européenne, d’une part, et en ce qui concerne les Antilles, leur production de bananes.
Nous souhaitons éviter pareille mésaventure. Ce d’autant plus — et nous tenons à le rappeler — que de véritables perspectives d’échanges et de développement peuvent se faire à partir de La Réunion.

Nous demandons donc au gouvernement français de tout faire pour informer La Réunion, ses responsables politiques et son opinion publique, des contenus les plus précis possible des négociations en cours. Nous l’invitons à prendre très rapidement en compte tout ce que La Réunion peut retirer ou apporter dans les processus en cours. »


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