Co-développement

La Commission de l’océan Indien chargée d’organiser la prochaine réunion ministérielle de l’AfOA-OI.

Sécurité maritime

Témoignages.re / 12 mars 2013

La Commission de l’océan Indien (COI) a organisé sa première réunion des points focaux nationaux du programme régional de sécurité maritime (MASE) les 7 et 8 mars aux Seychelles. En voici un résumé dans ce communiqué du 11 mars 2013.

La Commission de l’océan Indien (COI) a organisé la première réunion des points focaux nationaux du programme régional de sécurité maritime (MASE) les 7 et 8 mars aux Seychelles. Il s’agit de la phase de démarrage d’un vaste programme, financé par l’Union européenne, visant à lutter contre la piraterie maritime et ses effets sur les économies de la zone Afrique orientale et australe et océan Indien (AfOA-OI). Cette réunion a permis de créer le comité technique de suivi du programme MASE. Ce comité constitué du réseau des points focaux nationaux suivra, entre autres, l’organisation par la COI de la troisième réunion ministérielle de l’AfOA-OI sur la sécurité et la piraterie maritime, après celles des Seychelles et de Maurice en mai 2010 et octobre 2010 respectivement.

La COI qui pilote le projet d’appui au démarrage du programme MASE (Start-up MASE) est chargée d’organiser dans le courant de l’année la troisième réunion ministérielle de l’AfOA-OI sur la sécurité et la piraterie maritime. Le lieu de cette conférence de haut niveau sera décidé sur proposition de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) au Secrétariat général de la COI dans un délai de trente jours.

La réunion tenue aux Seychelles a aussi été l’occasion de travailler au partage et à la coordination des informations entre les 22 pays de la zone AfOA-OI représentée par les points focaux nationaux. L’Unité anti-piraterie, créée par la COI en juin 2012 et basée aux Seychelles, a justement pour mission d’améliorer la coordination régionale et l’échange d’information dans le cadre du Start-up MASE. Cet objectif est essentiel pour une mise en œuvre efficace du programme régional MASE qui mobilise quatre organisations régionales, à savoir l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD, Corne de l’Afrique), la COI, l’EAC, et le Marché commun d’Afrique australe et orientale (COMESA).

Le réseau des points focaux nationaux qui forme le comité technique de suivi du programme MASE, permettra de s’assurer que tous les pays concernés ont les moyens de mettre en œuvre à moyen et long terme la Stratégie régionale de lutte contre la piraterie et pour la promotion de la sécurité maritime, adoptée lors de la 2ème réunion ministérielle de Maurice le 7 octobre 2010.

La réunion des 7 et 8 mars aux Seychelles témoigne de l’engagement constant des organisations régionales en faveur de la sécurité maritime. Dans cette lutte, la région AfOA-OI sait pouvoir compter sur l’appui financier et technique des partenaires internationaux, l’UE en tant que bailleur, l’ONUDC, l’UNPOS, l’EUCAPNESTOR (1), INTERPOL, ainsi que la Chine et l’Australie. Car en effet, si « sécuriser nos eaux est un enjeu régional […] la portée, nous devons nous le rappeler, en est mondiale » , a souligné le Secrétaire général de la COI, Jean Claude de l’Estrac.

(1) ONUDC : Office des Nations unies contre la drogue et le crime ; UNPOS : Bureau politique des Nations unies pour la Somalie ; EUCAPNESTOR : Mission de l’Union européenne pour le renforcement des capacités maritimes dans la Corne de l’Afrique.

Le Programme MASE en bref

Le programme MASE mené conjointement par la COI, le COMESA, l’EAC et l’IGAD, a pour objectif de mettre en œuvre la Stratégie et le Plan d’action de lutte contre la piraterie et pour la promotion de la sécurité maritime, finalisés au sein du Comité interrégional de coordination (CIRC) et adoptés lors de la conférence ministérielle de Maurice en octobre 2010.

Une mission précise est confiée à chacune des organisations régionales :

- l’IGAD est l’ordonnateur responsable de la coordination générale du Programme MASE, notamment du Plan d’action pour la Somalie focalisé sur les racines du problème propres à ce pays ;

- l’EAC est responsable du renforcement des capacités nationales et régionales en ce qui concerne l’arrestation, le transfèrement, la détention et la poursuite des pirates ;

- le COMESA est responsable du renforcement des capacités régionales concernant le financement et l’impact économique de la piraterie dans la région ;

- la COI est responsable du renforcement des capacités nationales et régionales pour la sécurité maritime, ainsi que de la mise en place d’un réseau d’échanges et de coordination des informations.

« Il est heureux que toutes nos organisations régionales partagent un même programme de sécurité maritime, étoffé et complexe tant il s’attache à répondre à toutes les facettes de la piraterie », résume le Secrétaire général de la COI, Jean Claude de l’Estrac.
Quelques chiffres

2 millions d’euros : C’est le montant alloué au Start-up MASE par l’Union européenne (UE).

37,5 millions d’euros : C’est le montant de l’enveloppe de l’UE pour la mise en œuvre du Programme MASE, dont l’ordonnateur est l’IGAD.

5 milliards de dollars : C’est le surcoût engendré par la piraterie maritime au niveau de l’AfOA-OI en 2011. Ce surcoût est supporté à 80% par les armateurs et transporteurs maritimes (carburant, escorte armée, primes d’assurance) et à 20% par les Etats de la région.

40% : C’est l’ampleur de la diminution de l’activité du port de Victoria aux Seychelles. La piraterie maritime a durement frappé l’archipel, surtout l’industrie thonière, l’un des piliers de l’économie. C’est pourquoi les Seychelles sont l’un des fers de lance de la région et de la COI dans la lutte contre la piraterie. L’implantation de l’Unité anti-piraterie de la COI aux Seychelles était donc tout naturelle.

50% : Selon le Bureau maritime international, plus de 50% des attaques en mer ont eu lieu au large de la Somalie en 2012. C’est la région maritime la plus dangereuse du monde même si le nombre des attaques a légèrement diminué. D’ailleurs, relève Jean Claude de l’Estrac, « la piraterie et ses effets sont loin de se résorber. Pire, les attaques sont de plus en plus violentes. »


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