Co-développement

La compagnie maritime régionale sur de bons rails

Adoption des critères de l’étude de faisabilité

Témoignages.re / 18 mars 2013

Dans notre édition du 16 mars, il a été question de la première réunion d’un Comité de pilotage pour la création d’une compagnie maritime régionale. Dans un communiqué diffusé hier, la Commission de l’océan Indien revient sur les travaux qui se sont déroulés jeudi et vendredi à son siège. La COI et ses partenaires « ont adopté les termes de référence de l’étude de faisabilité du projet de "Système régional de cabotage maritime" ».

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« Nos autoroutes sont océaniques. Nos gares sont nos ports » , a déclaré le secrétaire général de la COI, Jean-Claude de l’Estrac.
(photo d’archives Toniox)

Les membres du comité de suivi pour la mise en place d’un système de cabotage maritime entre les îles de l’Indianocéanie, réunis à la Commission de l’océan Indien (COI) jeudi 14 et vendredi 15 mars, ont adopté les termes de référence de l’étude de faisabilité du projet. Cette étude qui doit débuter dans les prochains mois comporte quatre étapes : l’état des lieux du transport maritime régional, l’identification du (des) port(s) d’éclatement, l’analyse de faisabilité technique et financière et, enfin, l’élaboration d’un business plan.

La deuxième journée de travail du comité de suivi a permis de préciser le cap à suivre, à savoir la création d’une société mixte (public-privé) de transport maritime ayant vocation à desservir les ports de la région, en complémentarité des lignes déjà opérées par les grandes compagnies maritimes.

« Nos autoroutes sont océaniques »

Les échanges entre les parties prenantes représentées (autorités maritimes nationales, chambres de commerce et d’industrie, compagnies maritimes, COI, Union européenne, entre autres) ont aidé à établir les conditions de viabilité de cette société mixte, à moyen et long terme. Notamment, l’articulation des facteurs suivants s’avère primordiale : l’accroissement de la production dans les pays de la région, afin d’augmenter les volumes d’échanges de marchandises ; l’implication des États pour améliorer et assurer la maintenance des infrastructures portuaires ; la prise en compte des potentialités importantes liées au développement économique des pays voisins d’Afrique australe et orientale ; l’appui constant de partenaires tels que l’Union européenne et l’Agence française de Développement, sensibles aux spécificités insulaires de la région.

« Contrairement à nos voisins d’Afrique australe et orientale, le désenclavement de nos économies ne passe pas par des infrastructures terrestres. Nos autoroutes sont océaniques. Nos gares sont nos ports. Nos véhicules sont nos navires », a déclaré le Secrétaire général de la COI, Jean Claude de l’Estrac.

S’adressant aux représentants des compagnies maritimes, conviés hier pour faire part de leurs perspectives sur le projet, Jean Claude de l’Estrac s’est dit inquiet pour les pays de la région et leurs populations, par rapport au fait que les navires affrétés ont tendance à être de plus en plus gros alors que même les ports les plus performants de la région ne sont pas certains de pouvoir les accueillir. Les Seychelles, par exemple, ne sont desservies que par une seule compagnie maritime, a-t-il rappelé, mettant en avant la forte vulnérabilité des petits États insulaires de ce point de vue.

Pour l’autosuffisance alimentaire de la région

« Nous avons besoin de votre expertise, de façon constructive », leur a-t-il dit, avant d’ajouter que « ce projet, voulu par les États membres de la COI, doit être un élément qui créé l’impulsion d’une hausse de la production dans la région ».

Ainsi, alors que Maurice et La Réunion importent chaque année près de 500.000 tonnes de céréales d’Amérique du Sud, une augmentation conséquente de la production agricole à Madagascar pourrait assurer une relative autosuffisance de la région tout en dynamisant de façon considérable le transport maritime intra insulaire. « Ce projet n’a de sens qu’en lien avec l’autre dossier majeur auquel le Secrétaire général de la COI tient tout particulièrement qui est celui de la sécurité alimentaire », a ainsi rappelé Maurice Cérisola, président de La Réunion économique , association fédérant les principales organisations socio-économiques de La Réunion.

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Les navires sont de plus en plus grands, les ports de notre région pourront-ils s’adapter à cette tendance ?
(photo d’archives M.M.)

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Dans l’état actuel, La Réunion et Maurice importent 500.000 tonnes de céréales d’Amérique du Sud.
(photo M.M.)


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