Co-développement

« La nécessité de promouvoir l’intégration des DOM dans leur environnement régional »

4ème Conférence de Coopération régionale de l’océan Indien

Témoignages.re / 20 mai 2011

La Conférence de Coopération régionale de l’océan Indien s’est réunie ce jeudi 19 mai 2011, de 8h30 à 18h, à l’Hôtel Créolia (Saint-Denis) en présence des ambassadeurs de France de la zone, les présidents des collectivités de La Réunion et de Mayotte, les préfets de La Réunion et de Mayotte participent à cette séance. Parmi les interventions celle de Nassimah Dindar, présidente du Conseil général de La Réunion dont des points sont à lire ci-dessous.

• La Commission de l’océan Indien

« La volonté politique du Conseil Général de la Réunion en matière de coopération se traduit par :

- en premier lieu, des actions de coopération multilatérale menées dans le cadre de la Commission de l’océan Indien ;

- et en second lieu, la signature et la mise en œuvre d’une série d’accords pluriannuels de coopération avec l’État et la Région ; nous avons à ce jour signé un accord-cadre de coopération avec Maurice, les Seychelles et Madagascar.

La dynamique de coopération suit naturellement les priorités thématiques du département. En effet : qui dit « coopération » au Département, dit « co-développement ». Fondée sur la réciprocité des échanges et l’enrichissement mutuel, notre politique de coopération comporte six axes d’intervention :
Nous l’avons dit :
- l’action multilatérale dans le cadre de la COI.

- L’insertion socioprofessionnelle des jeunes réunionnais.

- L’action sociale, sanitaire et économique.

- L’agriculture et le développement durable.

- La sécurité civile.

- La culture et la valorisation du patrimoine.

Dans le cadre des activités de la COI, le Conseil général apporte son soutien technique et financier à la mise en place d’une Plateforme régionale des femmes en politique. Il s’agit d’encourager l’implication des femmes de l’océan Indien dans la vie publique et politique de leur pays respectifs. L’ensemble des îles de la COI ont participé à la rencontre constitutive de cette Plateforme régionale, en mars dernier à La Réunion, et que j’ai l’honneur de présider depuis. Sa vocation est d’appuyer la création et les activités de plateformes locales dans chaque État membre.
Dans le prolongement du programme PRPV pour la protection des végétaux, nous apportons un appui conséquent à l’EPRPV (Élargissement et pérennisation du réseau de protection des végétaux de l’océan Indien), vaste programme mettant en œuvre des stratégies d’adaptation face au changement climatique et aux menaces qui pèsent sur la biodiversité.
Enfin, toujours en lien avec la COI, le Conseil général de La Réunion entend poursuivre son soutien à la mise en marche de l’Observatoire des droits de l’enfant de la région océan Indien (ODEROI).

Il est fondamental de rappeler que l’une des priorités du département en matière de coopération concerne l’insertion professionnelle de nos jeunes. À ce titre, la coopération peut offrir une forme de réponse à l’urgence sociale qui touche la population réunionnaise en matière d’emploi.

À titre d’exemple, nous développons un programme dans lequel l’insertion sert l’objectif de rayonnement de la francophonie dans la zone. La mise à disposition, par notre collectivité, de personnels employés sous la forme de contrats uniques d’insertion en tant qu’assistants d’enseignement en langue française dans des établissements scolaires étrangers, a des retombées indéniables, tant pour La Réunion que pour les pays partenaires. Une vingtaine de jeunes Réunionnais est employée aux Seychelles, en Zambie, en Namibie, en Ouganda, et au Botswana. Ce programme a vocation à s’étendre géographiquement, à se renforcer quantitativement et à s’ouvrir à d’autres branches professionnelles telles que le secteur hôtelier aux Seychelles.

Le Conseil général envisage de recruter par ailleurs des Volontaires du Progrès et des Volontaires du Service Civique, donnant ainsi aux jeunes de différents profils et milieux, la possibilité de vivre une expérience de solidarité internationale et de former la relève de la coopération ».

• La coopération décentralisée

« Dans le cadre de la coopération décentralisée, la collaboration entre le Conseil général, la commune de Saint-Denis et celle de Joffreville dans le Nord de Madagascar, a permis la réhabilitation d’édifices communaux. Au-delà de la réhabilitation même et dans le souci d’un intérêt partagé, les Réunionnais travaillant à ce projet ont eu l’opportunité de découvrir Madagascar et de vivre une expérience enrichissante.

Les liens naturels et évidents que nous entretenons avec nos pays de peuplement, donnent lieu à une véritable politique d’appui à la coopération culturelle qui s’inscrit dans la ligne directrice fixée par la Déclaration de 2005 de l’UNESCO. Dans cette dernière, la sauvegarde de la diversité culturelle est considérée comme indissociable de la préservation de la dignité humaine, et ce, par-delà les frontières. Nous avons le devoir de préserver et de faire vivre cette diversité.

Je ne prendrai qu’un seul exemple : l’Iconothèque Historique de l’océan Indien. Notre collectivité a lancé en 2006 un chantier numérique d’avenir en décidant de créer une Iconothèque historique de l’océan Indien. Cette Iconothèque est constituée d’une base de données et proposera bientôt 30.000 images en consultation libre sur Internet. Gardienne d’un patrimoine exceptionnellement riche mais aussi dispersé et fragile, notre collectivité souhaite ainsi valoriser la mémoire de l’image, et rassembler autour d’une plate-forme, partenaires publics et privés, français et étrangers ».

• Formaliser les partenariats

« Nous prévoyons de renforcer nos liens de coopération avec Madagascar par l’ouverture d’une antenne du Conseil général, qui servira de relais pour le développement de projets innovants avec la Grande Ile.

À mesure que notre politique de coopération se structure, nous formalisons les partenariats jusque-là ponctuellement menés avec les Comores, l’Inde ou la Chine. À titre d’exemple, un véritable programme axé sur le développement culturel et la francophonie, voit le jour à Pondichéry. La récente visite du gouverneur de Grande Comores a par ailleurs permis de poser les bases d’une relance de la coopération agricole. J’invite d’ailleurs les acteurs du monde agricole à solliciter la mesure 2.02 du Programme opérationnel des Collectivités territoriales concernant l’appui aux petites économies rurales, instruite par le Conseil Général.

Concrétiser davantage d’actions communes pour la sécurité et le bien-être des populations : voilà le véritable défi que nous devons relever.

« Co-opérer », c’est littéralement « agir avec ». Le Conseil général œuvre dans ce sens, en consolidant les liens existants et en tissant du lien nouveau. J’espère que les efforts engagés avec les partenaires français et étrangers, non seulement porteront leurs fruits, mais aussi ouvriront la voie à des projets renouvelés et innovants, fondés avant toute chose sur l’enrichissement mutuel et le respect de l’autre.

Je souhaite mettre à profit ma récente élection à la tête de la Commission outre-mer de l’Assemblée des Départements de France pour porter au-devant de ses représentants, la nécessité de promouvoir l’intégration des DOM dans leur environnement régional.

Avant de clore mon intervention, j’aimerais que l’on se souvienne, ici, ensemble, que face aux tensions politiques, sociales et identitaires que subit le monde d‘aujourd’hui, la coopération entre les Nations demeure un rempart efficace, mais aussi s’impose aussi comme symbole de paix et d’amitié entre les peuples, quelles que soient nos origines, nos couleurs, nos religions ».


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