Co-développement

« La solidarité indianocéanique reste à construire autour des Chagossiens »

Tribune libre du Comité de solidarité Chagos La Réunion

Témoignages.re / 23 octobre 2017

La question des Chagos n’était pas initialement à l’ordre du jour de la journée Océan Indien du colloque sur la paix organisé vendredi et samedi à l’Université de La Réunion. Le Comité de solidarité Chagos La Réunion donne son opinion sur la manière dont cette question a été finalement abordée, et rappelle que l’étude financée par le gouvernement britannique conclut au retour possible des Chagossiens sur l’île de Diego Garcia. Cela fait 50 ans qu’a commencé la déportation des Chagossiens de leur archipel à la suite de la construction de la base militaire de Diego Garcia. Voici le communiqué du Comité adressé samedi aux médias.

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« Nous avons lu ce qui suit dans les colonnes du journal Témoignages de ce jour 21 octobre 2017, sous le titre :

Les Chagos mises à l’ordre du jour du colloque sur la paix
« J’ai lu dans la presse un communiqué du Parti communiste réunionnais déplorant que la question des Chagos ne soit pas à l’ordre du jour de notre colloque, désormais elle l’est », a déclaré Jean-Claude de l’Estrac. Il poursuivit, estimant que la base de Diego Garcia est faite pour durer. Il pense donc que le retour des Chagossiens est possible, sauf sur l’île de Diego Garcia tant que les installations militaires seront utilisées.

Cette intervention a pour objet de « recoller les pots cassés » concernant le défaut d’origine de l’ordre du jour du « colloque sur la paix ». En effet, lorsque l’on parle de l’océan Indien il est plus que regrettable que l’on fasse l’impasse sur la situation qui est celle de nos sœurs et frères chagossiens depuis tant de temps. Les organisateurs de ce colloque auraient dû avoir le réflexe élémentaire d’inscrire cette question à l’ordre du jour de leur colloque… autrement si l’ordre du jour leur était imposé, ils auraient dû opposer une réaction salutaire, celle de ne pas participer à un colloque qui ignore à priori la question des Chagos et cette violation inacceptable des droits humains.

Il est dommage qu’il ait fallu attendre la réaction d’indignation d’un parti politique réunionnais pour essayer de rattraper par la bande cette question des violations des droits humains concernant nos sœurs et frères chagossiens. On dit bien rattrapage « par la bande » à propos de l’intervention de M. Jean-Claude de l’Estrac car dans son intervention il est fait état du retour des Chagossiens ailleurs qu’à Diégo-Garcia. Pourtant, il sait bien que la mission des experts de Londres, avant la décision ignoble du gouvernement britannique de novembre 2016, avait conclu à la faisabilité du retour des Chagossiens aux Chagos, en priorité à Diégo-Garcia qui réunit toutes les conditions du retour de ces exilés chez eux.

Notre comité est indigné de la non inscription de la question des Chagos à l’ordre du jour du colloque sur la paix. Il n’apprécie pas ce rattrapage par la bande de la question chagossienne par la prise en compte d’une position très en recul à propos de la réinstallation des Chagossiens chez eux par rapport à l’étude de faisabilité. Il signale par ailleurs que c’est à l’honneur des Chagossiens et du Groupe Réfugiés Chagos d’avoir rejeté la proposition financière du gouvernement de Londres valant abandon de leur droit au retour.

Honneur aux exilés chagossiens et au G.R.C. d’Olivier Bancoult, honte au gouvernement britannique… mais que penser de ceux qui discourent sur la paix à La Réunion en ignorant dans un premier temps le sort des Chagossiens puis en recollant les pots cassés ? Honneur à une véritable solidarité indianocéanique qui reste à construire.

Pour le Comité Solidarité Chagos La Réunion
Georges Gauvin, président
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