Co-développement

Le PCR invité au centenaire de l’ANC

Des luttes inoubliables, un avenir à construire

Manuel Marchal / 7 janvier 2012

Le Parti communiste participera demain au centenaire de l’ANC. Dans le prolongement des luttes, notre amitié offre des perspectives pour l’avenir.

C’est demain que le Congrès national africain (ANC) fêtera son premier siècle d’existence. L’ANC est une organisation qui est restée pendant près d’un demi-siècle dans la clandestinité. C’est un rassemblement comprenant notamment le Parti communiste sud-africain (SACP). Ses militants combattaient le régime d’apartheid qui avait été imposé à leur pays. Ce régime niait à la majorité de la population la qualité de citoyen sur des critères liés à la couleur de la peau, à l’origine des parents. L’extrême droite était au pouvoir, et elle voulait maintenir coûte que coûte la structure coloniale en Afrique du Sud, un pays très riche.
Le gouvernement d’Afrique du Sud était très puissant. Il était soutenu par les pays occidentaux, et il avait obtenu la technologie pour être une puissance nucléaire. La bombe atomique de l’apartheid avait été testée au-dessus de l’océan Indien.

La lutte pour se faire respecter

Grâce à la détermination de la lutte, les militants de l’ANC ont réussi à créer un rapport de force en faveur de la population. Le régime de l’apartheid est tombé en 1990, et en 1994 avaient lieu les premières élections au suffrage universel. Depuis, l’Afrique du Sud a mis en œuvre une politique de réconciliation, avec la création d’une Commission transparence et vérité chargée de faire toute la lumière sur la période de l’apartheid.
Depuis 1994, l’ANC dirige le pays. L’Afrique du Sud compte au niveau international, elle fait partie du G20, et est membre du groupe des pays émergents, le BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).
Dans sa lutte pour la liberté, le peuple sud-africain a pu compter sur un soutien sans faille des démocrates réunionnais. Quand la France soutenait le régime d’apartheid, le Parti communiste réunionnais animait la lutte solidaire avec le peuple sud-africain. Pendant ces années de combat, les femmes réunionnaises étaient en première ligne, multipliant les manifestations contre les symboles de l’apartheid présents à La Réunion, comme le Consulat. La lutte contre l’apartheid s’inscrivait dans la lutte du peuple réunionnais pour se faire respecter par les bénéficiaires de la société post-coloniale, et par l’ancienne métropole.

Nos liens

Depuis la victoire de l’ANC en Afrique du Sud, des liens ont été maintenus. Il y a les relations entre Le Port et Durban, deux villes portuaires de l’océan Indien. Il y a eu les liens de co-développement antre la Région Réunion et l’État du Kwazuliu-Natal sous la mandature de Paul Vergès. Depuis l’élection de Claude Hoarau en 2008 à Saint-Louis, la municipalité s’est également impliquée dans le renforcement de nos liens avec l’Afrique du Sud, ainsi que l’Association Coopération Réunion-Afrique du Sud.
Le mois dernier, ces liens se sont encore ravivés à l’occasion de la participation de Paul Vergès à la Conférence de Durban sur le climat, et celle de la Ville du Port au Congrès des gouvernements locaux de Durban. Paul Vergès a retrouvé d’anciens camarades de lutte, tels que le secrétaire général du Parti communiste sud-africain, Plade Nzimande.
Quelques jours auparavant, Gwede Matashe, secrétaire général de l’ANC et président du Parti communiste sud-africain, avait demandé au PCR d’honorer de sa présence la célébration du centenaire de l’organisation de libération de l’Afrique du Sud.
Jeudi, Ary Yee Tchong Chi Kan et Christophe Rocheland ont donc pris l’avion pour représenter le Parti à cette cérémonie. Des dizaines de chefs d’État sont invités, mais les Sud-Africains ont insisté pour que leurs frères de lutte réunionnais soient aux premières loges d’un événement qui marquera l’Histoire.

M.M.


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