Co-développement

Madagascar célèbre le 52ème anniversaire de son indépendance

Commémoration

Témoignages.re / 29 juin 2012

Lundi soir, à l’Hôtel Mercure Créolia à Saint-Denis, a eu lieu la célébration du 52ème anniversaire de l’indépendance de Madagascar, en présence notamment de M. Ramamonjisora Virapin, Vice-consul de Madagascar, de M. Stéphane Catta, Conseiller diplomatique représentant M. le Préfet, de M. Fournel, Vice-président de la Région, de Mme Picard Marie, Adjointe de Saint-Denis, des Consuls de la Chine, de l’Inde, de l’île Maurice et de la Suisse, de M. Roland Robert, 1er Vice-président du Conseil général…
Roland Robert commença son intervention, très ému, en rappelant qu’il y a 52 ans, il était à Madagascar, à Ambositra plus précisément, où il accomplissait son service militaire. Il vota pour l’indépendance de la Grande Ile. C’était son premier vote ! Voici le texte de l’intervention qu’il prononça lundi à l’occasion de cette commémoration.

« Chers amis,

Bonsoir, Manao ahoana tompoko !

Permettez-moi tout d’abord de souhaiter à chacune et chacun d’entre vous, ainsi qu’à vos proches, de célébrer cette fête dans la Joie, le Partage, le Respect et l’Amitié !
Si je suis ému d’être avec vous ce soir, c’est que les liens historiques que les Réunionnais ont tissés avec les Malgaches font de la Grande Ile un partenaire privilégié.
D’ailleurs, la première Réunionnaise qui accompagna Louis Payen qui débarqua sur l’île en 1663 n’était-elle pas Malgache ? Le 1er Réunionnais a avoir vu le jour sur le sol de notre pays n’était-il pas Malgache ?
Et puis, il y a la période de l’esclavage où, par la force des choses, nombreux étaient les Malgaches condamnés à vivre sur le sol réunionnais. Cinquante ans plus tard, les travailleurs réunionnais et malgaches se côtoient à l’usine sucrière de Savanna et dans d’autres exploitations agricoles. Certains s’installent sur l’île, quelques-uns se marient avec des Réunionnaises. Quel que soit leur parcours, tous ont adopté notre île et sont devenus Réunionnais à part entière.

Notre solidarité

Forts de cette relation sincère, nos cousins malgaches savent qu’ils peuvent compter sur nous : lorsque Madagascar a été touché par le cyclone Giovanna en début d’année, la solidarité réunionnaise s’est mise en marche. Le Conseil général votera aujourd’hui une aide exceptionnelle de 30.000 euros pour l’association Le collectif pour Madagascar pour son projet de reconstruction de 90 cases du village d’Andovoranto, près de Brickaville, où près de 75% des habitations avaient été détruites en février 2012.
Madagascar, l’île Rouge, a tout le potentiel pour réussir. Riche de terre et d’hommes, l’activité touristique doit y être développée. Preuve que le train est en marche, l’implantation à Madagascar de grands groupes hôteliers, comme le Groupe Accor. Madagascar recèle également de ressources naturelles inestimables : les bois précieux de chêne et de bois de rose, très convoités, doivent être préservés. Pourquoi ne pas imaginer que La Réunion mette à disposition de Madagascar son expérience dans la gestion des espaces naturels sensibles ?

Nos accords de partenariat

Madagascar n’étant pas un partenaire comme les autres, notre démarche de co-développement, que ce soit dans le secteur du tourisme, du développement durable, de l’agriculture, ou encore de l’éducation, privilégiera l’échange et l’enrichissement mutuel. Car les Réunionnais et les Malgaches ont beaucoup à apprendre les uns des autres. A l’image du succès passé de notre coopération agricole qui a permis d’améliorer la structuration des filières oignon, maïs et lait, il faut continuer à promouvoir les échanges d’informations, d’expertises et de savoir-faire pour l’organisation et le fonctionnement de notre agriculture en développant notamment les coopératives agricoles. Nous avons les outils nécessaires, il faut les optimiser : en plus de l’Accord de coopération agricole signé entre notre collectivité et l’État malgache, nous disposons de l’Accord de coopération générale établi entre la République de Madagascar et l’Etat français, la Région Réunion et le Conseil général.
Rappelons-nous du succès des projets de coopération décentralisée menée en 2009 (Saint-Denis jumelée avec Diego Suarez, Le Port avec Tamatave, l’Entre-Deux avec Foulpointe) qui ont permis la mise en place d’un corps de sapeur-pompiers avec l’intervention du SDIS de La Réunion. Citons également les projets en cours : La Possession jumelée avec Antanifotsy, Sainte-Suzanne avec Moramanga. D’autres régions de la Grande Ile sont également concernées, Fort Dauphin, Antsirabé, entre autres.
Nos projets de partenariat vont plus loin. Nous avons à cœur, au sein de la Plateforme FPOI, dont la Présidente Nassimah Dindar assure actuellement la présidence, de construire avec les femmes malgaches un nouveau visage de la Région océan Indien au féminin forte et ambitieuse !
Dans le message que notre Présidente me demande de vous transmettre, elle déclare : Je le répète, notre positionnement géographique à l’interface de l’Afrique et de l’Asie est une chance qu’il faut saisir !

Une grande famille

Alors, je vous le dis aujourd’hui avec force, chers amis, l’Europe est un atout à condition d’avoir des normes adaptées à nos réalités locales pour nous permettre de développer nos échanges commerciaux ! Madagascar est un grand producteur de briques, pourquoi priver le secteur réunionnais du BTP et de l’artisanat d’un matériau de qualité et de proximité ?!
Je suis intimement convaincu de la nécessaire imbrication de la solidarité économique et de la solidarité sociale. C’est pourquoi j’ai fait de l’insertion des jeunes Réunionnais une des priorités de ma mandature, en encourageant notamment leur insertion à l’international. Je vous en parlais ici même il y a 2 ans, aujourd’hui le projet a abouti : 5 Volontaires ont rejoint au début de l’année les associations malgaches ASA (Association des sans abri), Enfants du Soleil, Aléas des possibles, Grandir dignement, EREV (Ecole de Rugby), (Ecole de la Vie) pour des actions de formation et d’intégration dans le domaine agricole, psychosocial auprès du jeune public et des populations vulnérables.
Nos sœurs et nos frères malgaches savent que l’amitié qui nous lie est inconditionnelle, et comme dans une grande famille, nous nous devons respect et confiance. Faisons donc de notre coopération un levier d’action et de rayonnement pour nos deux pays ! Vive la France ! Vive la République de Madagascar !

Je vous remercie.

Veloma ! »


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