Co-développement

Merci à nos amis Chagossiens

Visite d’une délégation des Chagos à La Réunion

Manuel Marchal / 24 octobre 2017

Une délégation des Chagos conduite par Olivier Bancoult, président du Groupe Réfugiés Chagos, était la semaine dernière à La Réunion. Depuis 50 ans, les Chagossiens tentent de retourner dans leur pays dont ils ont été déportés à cause de la construction de la base militaire de Diego Garcia. Ils font face à l’opposition des gouvernements de la Grande-Bretagne et des États-Unis. Cette lutte force l’admiration, car malgré des conditions extrêmement difficiles, les Chagossiens ont forgé une conviction inébranlable en la victoire de leur cause.

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Olivier Bancoult, président du Groupe Réfugiés Chagos.

La semaine dernière, une délégation chagossienne conduite par Olivier Bancoult était à La Réunion. Elle a participé à trois événements : une conférence de presse mercredi, une conférence publique jeudi et un repas solidaire vendredi. Cet événement était l’occasion de rappeler le lien qui unit les Chagossiens aux Réunionnais, et qui trouve notamment sa traduction dans le Comité de solidarité Chagos La Réunion, créé depuis 2010. Ce comité a pour but de faire connaître à la population la lutte des Chagossiens, et à apporter un soutien financier à ce combat, comme l’a rappelé son président, Georges Gauvin.

Au cours de son séjour, Olivier Bancoult a rappelé qu’il doit à des Réunionnais la tenue de la première conférence internationale sur les Chagos. C’était en 1989 au Port, quand la ville était dirigée par le Parti communiste réunionnais. C’est également au Port que le nom de l’avenue qui structure la ville du 21e siècle a été baptisé « Avenue des Chagos ». Cette initiative d’un Conseil municipal dirigé par les communistes témoigne d’une grande solidarité. Car les Chagos sont au cœur d’une ville de 40.000 habitants.

50 ans de luttes

À plusieurs reprises, Olivier Bancoult a remercié les Réunionnais de leur soutien. Lors de la conférence du président du Groupe Réfugiés Chagos, Ary Yée Chong Tchi Kan a remercié les Chagossiens. Par ce geste, le secrétaire du PCR, a souligné le combat exemplaire mené depuis un demi-siècle par un peuple de quelques milliers d’habitants face à deux grandes puissances : la Grande-Bretagne et les États-Unis.

Voici en effet 50 ans qu’a commencé la déportation du peuple chagossien, expulsé en totalité de son pays avec interdiction d’y revenir à cause de la construction de la base de Diego-Garcia. Peu avant l’indépendance de Maurice, la Grande-Bretagne en avait détaché l’archipel des Chagos pour le transformer en territoire d’outre-mer (BIOT). Elle loue depuis la base de Diego Garcia aux États-Unis. Au cours de ces 50 ans de luttes, les Chagossiens n’ont jamais baissé les bras. Ils ont dû vivre dans des bidonvilles, dans une société qui n’avait rien à voir avec celle qu’ils avaient construit aux Chagos. Ils ont réussi à renforcer leur conviction, et à faire partager leur combat jusqu’à avoir des soutiens au sein même de la classe politique britannique. Ils sont désormais soutenus par un État, Maurice, ce qui permet de voir la Grande-Bretagne traduite prochainement devant la Cour internationale de justice de La Haye.

« Notre dignité ne s’achète pas »

Les autorités britanniques ne ménagent pas leurs efforts pour endiguer cette dynamique. Elles ont ainsi proposé une somme de 40 millions d’euros pour que les Chagossiens abandonnent leur revendication. Ils n’ont pas cédé, car comme l’a rappelé Olivier Bancoult, « notre dignité ne s’achète pas ». Cette conviction inébranlable en la victoire leur a donné une haut niveau de conscience. C’est pourquoi nous ne remercierons jamais assez les Chagossiens de l’exemple qu’ils donnent.

M.M.