Co-développement

Quelles perspectives pour le co-développement solidaire entre La Réunion et Madagascar ?

Conférence à l’Université de La Réunion après les élections malgaches

Témoignages.re / 11 février 2014

Ce jeudi soir a eu lieu à l’amphi Élie de la Faculté des Lettres au Moufia une conférence-débat très intéressante de Christiane Rafidinarivo, docteure en science politique, sur les suites des élections présidentielle et législatives qui viennent de se dérouler à Madagascar.

Cette professeure des Universités de La Réunion et d’Antananarivo a fait un exposé sur les nombreux problèmes qui sont posés aujourd’hui au peuple malgache après l’élection du président de la République, Hery Rajaonarimampianina, et la proclamation des élections de l’Assemblée nationale.
Ces problèmes sont ceux auxquels sont confrontés tous les peuples du monde et qu’elle a rappelés : « quel régime politique ? ». Autrement dit : « quelle organisation des pouvoirs ? Quelle démocratie ? Quelle souveraineté populaire » pour relever les graves défis auxquels sont confronté(e)s nos sœurs et frères malgaches ?

« Va-t-on vers un dépôt des armes ? »

Dans un premier temps, Christiane Rafidinarivo a rappelé les diverses étapes de la crise — parfois violente — qui a frappé Madagascar au cours des cinq dernières années, avec notamment une période de transition politique entre 2011 et 2014 dans le cadre d’une internationalisation du processus électoral.
Et à présent, selon elle, se posent plusieurs questions, comme par exemple : « va-t-on vers un dépôt des armes après cinq ans d’affrontements ? Va-t-on vers un jeu démocratique, avec un contrôle et une limitation du pouvoir ? Quels seront les degrés de souveraineté du peuple malgache sur le plan international face au poids de la finance et de certains pays qui cherchent leurs propres intérêts à Madagascar ? ».

Un autre défi à relever

Ces questions sont d’autant plus importantes que le peuple malgache est confronté à de graves problèmes sociaux, avec un taux de pauvreté très élevé et une espérance de vie de 42 ans seulement. D’où cette question posée par la professeure après les échanges avec le public : « quels seront les rapports de forces pour relever les défis du peuple malgache ? ».
Bien sûr, c’est aux Malgaches eux-mêmes de répondre de façon libre et responsable à cette question afin de résoudre leurs problèmes. En même temps, en tant que Réunionnais, pouvons-nous être indifférents au sort de ce peuple frère de notre région, qui comptera 55 millions d’habitants dans une trentaine d’années et avec lequel nous avons beaucoup à partager ?
D’où l’importance de s’entendre entre Réunionnais et entre Malgaches pour mettre en œuvre ensemble et avec tous les autres peuples de l’Indianocéanie un co-développement régional solidaire. Voilà un autre défi à relever. Est-ce que le monde politique réunionnais est déterminé à assumer sa responsabilité dans ce domaine ?


Kanalreunion.com