Co-développement

Roland Robert : « Nos deux pays ont plus qu’un passé en commun »

63ème anniversaire de l’Indépendance de la République de l’Inde

Témoignages.re / 30 janvier 2012

A l’occasion du 63ème anniversaire de l’Indépendance de la République de l’Inde le 26 janvier 2012, Roland Robert, 1er Vice-président du Conseil général délégué à la Coopération régionale et l’Europe, représentant la Présidente Nassimah Dindar, est intervenu en présence de Madame le Consul général de la République de l’Inde, du Préfet, du Vice-président du Conseil général, ainsi d’autres personnes, réunis à l’hôtel “Le Créolia” à Saint-Denis. Voici des extraits de son discours.

« Madame le Consul général de la République de l’Inde, Monsieur le Préfet, Monsieur le Vice-président du Conseil régional, Mesdames et Messieurs, chers amis,
Je voudrais avant tout vous faire part des regrets de Madame la Présidente du Conseil général qui n’a pu être personnellement présente ce soir.
C’est pour moi un grand honneur de participer au nom du Conseil général de La Réunion à cette commémoration qui nous réunit aujourd’hui à l’occasion de l’anniversaire de la République d’Inde. Au-delà d’un partenaire majeur de la coopération, l’Inde représente pour La Réunion bien plus. Pays d’origine d’une part du peuplement, l’apport de l’Inde à la structuration de la société réunionnaise d’aujourd’hui est essentiel. L’attachement à l’Inde des Réunionnais, qu’ils soient d’origine indienne ou non, n’est plus à démontrer. Cette richesse fondamentale issue des plus grandes civilisations qui fondent aujourd’hui la diversité culturelle de La Réunion ne serait pas celle qu’elle est sans l’apport décisif de cette grande nation qu’est l’Inde. C’est bien sur la base de ces liens séculaires de fraternité que nous fondons l’ensemble de nos relations et échanges, qu’ils soient aujourd’hui dans le domaine culturel, économique, ou encore éducatif.
S’agissant de la célébration qui nous réunit, le 26 janvier 1950, le Premier ministre Jawaharlal Nehru proclame la Constitution. Cette date a été choisie parce qu’elle marque une étape essentielle du passé récent pour la lutte pour la Libération.
Nehru le mit en avant dans son message qu’il adressa à la Nation avec ces mots : « Cette journée relie le passé au présent et on voit ce présent croître du passé. Il y a vingt ans, nous fîmes le premier vœu d’indépendance. Durant ces vingt années, nous avons connu la lutte et le conflit et l’échec et la réussite. Toutefois sans aucun doute, le 26 janvier 1950 est un jour hautement symbolique pour l’Inde et la population indienne ».
Après plus d’un demi-siècle d’indépendance, l’Inde peut se féliciter d’incarner « l’unité dans la diversité ». (…)
La dialectique de la diversité dans l’unité, de l’unité dans la diversité, s’est consolidée depuis soixante-trois ans. C’est en reconnaissant sa diversité que l’Inde réussit à construire son unicité sur un territoire qui a la taille d’un sous-continent. (…)
Nos deux pays ont donc plus qu’un passé en commun. L’Inde et La Réunion partagent aussi un présent bâti autour de l’idéal du bien-vivre ensemble.
République laïque, l’Inde met toutes les religions sur un même pied d’égalité. Ce qui permet à la minorité musulmane, qui représente environ 15% de la population, de pouvoir vivre avec une majorité d’hindous. Pouvoir choisir ses dates de vacances en fonction de son appartenance religieuse est une illustration de cette égalité.
(…)
L’Inde peut se vanter d’être, selon l’expression consacrée, « la plus grande démocratie du monde ». Il y a un attachement profond de la population à l’idéal républicain. A chaque élection, les Indiens se précipitent aux bureaux de vote en formant des queues interminables. À la fin de 1951, 171 millions d’électeurs sont appelés à exercer ce droit pour un scrutin d’une ampleur sans précédent, malgré l’analphabétisme dont souffrait une majorité des citoyens. (…) Depuis, le mouvement démocratique ne fait que s’accroitre. Les taux de participation ne cessent d’augmenter en particulier celle des jeunes. C’est une démocratie de plus en plus vivante, qui s’enrichit des acquis de l’Indépendance.
Parce que vous n’avez pas oublié la lutte farouche qu’il a fallu mener, les sacrifices qu’il a fallu faire, pour obtenir une République libre et indépendante, vous récoltez aujourd’hui les fruits que vous avez semés. C’est le souvenir de votre courage et votre amour de la liberté que nous célébrons ici.
(…)
C’est pour rendre hommage à cette mémoire collective que le Conseil général de La Réunion a lancé un chantier numérique innovant en décidant de créer une Iconothèque historique de l’océan Indien, inauguré le 4 novembre 2011, afin de promouvoir le patrimoine indiaocéanique au-delà de cet espace régional. Ce chantier numérique propose plus de 10.000 images en consultation libre sur internet (30.000 d’ici trois ans, plus de 100.000 images identifiées). La Photothèque de l’Institut français de Pondichéry (IFP) est partie prenante de ce projet de coopération culturelle avec ses images anciennes de Pondichéry et du Tamil Nadu ; ses peintures, iconographies religieuses et architectures...
Cette mémoire partagée, pétrie d’un passé commun et d’un futur à construire, nous avons à cœur de l’entretenir, ensemble, j’en suis convaincu.
En ma qualité de Maire de La Possession qui abrite aujourd’hui ce haut lieu de mémoire de l’engagisme, le Lazaret, j’ai aujourd’hui une pensée envers tous celles et ceux qui, venus de l’Inde, ont débuté leur vie à La Réunion à une période douloureuse de son histoire. »

Roland Robert a terminé son discours en lisant un passage extrait du Carnet de Voyage d’un collégien des Tamarins à Saint-Pierre, lauréat du concours organisé par le Conseil général, en partenariat avec le Lycée français de Pondichéry et les classes du collège de La Réunion sur le thème “Les liens historiques entre Pondichéry et Mascareignes”.


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